La maca, Viagra péruvien ?

img_4018

Par Alex, MuscleXperience team

La maca (Lepidium meyenii Walpers) est une plante de la famille des Brassicaceae (également dits crucifères, intégrant les choux, navets, raifort etc), originaire des hautes Andes péruviennes. Elle est cultivée et consommée depuis le néolithique dans les Andes péruviennes, en haute altitude (elle l’est également dans une moindre mesure en Bolivie). Elle est traditionnellement utilisée dans l’alimentation locale (en mangeant le tubercule frais, séché ou sous forme de gruau, même si on trouve aujourd’hui des boissons et même des chips à la maca) ainsi que comme plante médicinale en raison des vertus qu’on lui attribue : elle aurait un effet tonique sur l’organisme, et plus particulièrement sur l’appareil reproducteur tant masculin que féminin. En clair, ce serait un stimulateur de la fertilité mais aussi de la libido.

La maca connaît une popularité grandissante depuis quelques décennies en raison de sa réputation d’aphrodisiaque. On la surnomme ainsi parfois le « viagra péruvien », mais également le ginseng péruvien car elle partagerait avec ce dernier sa qualité d’adaptogène.

Il y encore quelques années la maca en tant que supplément alimentaire était cantonnée aux magasins de produits biologiques et aux préparations formulées pour renforcer naturellement le désir sexuel et les capacités érectiles… avec plus ou moins d’efficacité. Son apparition dans les produits destinés aux sportifs est récente. Elle peut néanmoins faire sens en vertu des vertus prétendument adaptogènes et toniques précitées. Mais on retrouve également de l’extrait de maca dans des formules censées maximiser naturellement le taux de testostérone. Que penser de cette utilisation du «viagra péruvien» ?

Je ne sais pas vous mais moi je suis intrigué par un point. Dans les pays occidentaux, les préparations contenant de la maca affiche quelques grammes voire quelques milligrammes de ce tubercule plein de promesses. Mais au Pérou, l’utilisation traditionnelle qu’en font certaines populations andines va de la dizaine à la centaine de grammes. Ça doit en faire de sacrés chauds lapins, non ? Je pense donc qu’avant tout il faut relativiser les surnoms et qualificatifs à usage promotionnel. Promouvoir les cultures des petits producteurs locaux, c’est louable. Mais il faut être honnête, la maca n’a rien à voir, même de loin, avec le citrate de sildénafil contenu dans la pilule bleue mise sur le marché par Pfizer en 1998. Le rapprochement est donc sympathique mais abusif.

Le Viagra comme les autres médicaments de la classe des inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 (PDE5) empêche la destruction de la guanosine monophosphate cyclique (GMPc) qui ainsi maintient la concentration de monoxyde d’azote responsable de l’érection. Le citrate de sildénafil n’est pas le seul composé à avoir ces propriétés: dans la classe des inhibiteurs de synthèse de la PED5 on compte également le tadalafil, le vardénafil et l’avanafil. En outre, certains extraits végétaux ont également des propriétés similaires, quoi que dans de moindres proportions: c’est le cas de l’Epidemium (fleur des elfes ou horny goat weed) et d’un de ses flavonoïdes en particulier, l’icariine. Ce serait également celui du Tribulus terrestris (voir Le Tribulus terrestris au-delà du mythe). La maca, quant à elle n’a pas de propriétés inhibitrices de la PED5, elle n’agit pas sur la GMP cyclique et n’a donc, a priori, pas d’effets sur l’érection. A moins que …

Le Lepidium meyenii Walpers a fait l’objet de nombreuses études, dont plusieurs suggèrent un effet positif sur la dysfonction érectile et sur la fonction sexuelle chez la femme ménopausée. La réputation ancestrale de cette plante doublée de ces résultats encourageants a évidemment incité l’industrie de la nutrition sportive à s’engouffrer dans la brèche. Pourtant, il est désormais prouvé que la maca n’a aucune influence hormonale¹², si sur les taux de testostérone ou de testostérone libre, ni sur les taux d’estradiol. L’utilisation de l’extrait de maca dans des produits censés augmenter naturellement le taux de testostérone est donc sujette à caution. Est-elle pour autant bonne à reléguer au cimetière des suppléments inutiles et n’ayant pas tenues les promesses (trop belles pour être vraies) de l’industrie ? Ma réponse est négative.

fullsizerender

Tout d’abord, si la maca n’a pas d’effet hormonal, elle n’en reste pas moins un véritable super aliment contenant du calcium, du potassium, du fer, de l’iode, du manganèse, du zinc, du sélénium, du magnésium, de l’acide malique, les vitamines B1, B2, B12, C, D3, E, et P ainsi que 19 acides aminés. Rien que pour ce contenu riche en nutriments, la maca est intéressante en tant que cocktail mutivitaminé naturel.

C’est en outre un aphrodisiaque éprouvé : même si cela est indépendant d’une quelconque influence hormonale, l’effet de la maca sur le désir sexuel semble être indubitable, ce qui se manifeste par une fréquence plus importante des rapports. Plusieurs études ont conclu dans ce sens, même si la méthodologie utilisée a pu être questionnées, et si des doutes subsistent quant aux dosages utilisés, au type de maca testé sur les sujets et à la qualité des extraits.

Ensuite, la consommation de maca semble être capable d’améliorer la qualité du sperme et donc d’impacter positivement la fertilité³. Remémorons-nous les légendes ancestrales, les indiens péruviens conseillant aux premiers colons espagnols (qui les exploitaient allégrement) de donner de la maca aux animaux qui avaient du mal à se reproduire. Si c’est valable pour les ânes ou les chevaux, ça devrait l’être pour nous, non ?

En réalité, il est à l’heure actuelle impossible de comprendre précisément quels sont les mécanismes à l’œuvre avec le « ginseng péruvien ». Si l’on ne peut ignorer les nombreux retours positifs, l’utilisation traditionnelle dont elle fait l’objet en tant que plante médicinale et les quelques études sérieuses soutenant un effet certain sur la libido et la fertilité, il est nécessaire de garder une certaine réserve vis-à-vis des extraits végétaux vendus à toutes les sauces et porteurs d’innombrables promesses. Pour avoir avalé des dizaines de grammes de maca de types et de qualités diverses sous des formes variées, je peux affirmer que cette plante, aussi bénéfique et riche en nutriments qu’elle soit, n’a rien de commun avec les inhibiteurs de la PED5 de synthèse, et cela quel que soit le dosage utilisé. Cependant, il faut garder à l’esprit que mère nature protège bien ses secrets, et qu’une plante comme la maca renferme des centaines de phytocomposants, que l’on découvre progressivement, mais dont la très grande majorité nous est inconnue. Les effets « aphrodisiaques » de la maca peuvent trouver leur source dans un flavonoïde pour l’instant non identifié, ou dans un alcaloïde, ou dans une synergie opérée entre plusieurs de ses phytocomposants. Dans le doute, et au vu des résultats prometteurs, du prix de la maca et de sa disponibilité, je ne vois pas de raison de s’en priver: la maca peut totalement trouver sa place dans une routine de suppléments destinée à se maintenir dans une bonne forme générale, voire à accroître la vitalité et la vigueur sexuelle. Pour ma part, j’expérimente de vrais bénéfices dès 1,5g par jour, même si le dosage qui me convient le mieux se situe quelque part en 5 et 10g quotidiens.   

On pourra par exemple l’inclure dans un stack avec de l’horny goat weed ou du Tribulus qui ont une influence directe sur la fonction érectile, ou avec de l’extrait de fenugrec ou de muira puama, et avec quantité d’autres extraits intéressants donc les effets peuvent agir en synergie avec la maca. Un « viagra péruvien », peut-être pas, mais une arme de plus dans l’arsenal des hommes et des femmes(4) à la recherche de la performance, sûrement.

1 Gonzales GF, Córdova A, Vega K, Chung A, Villena A, Góñez C, Castillo S. Effect of Lepidium meyenii (MACA) on sexual desire and its absent relationship with serum testosterone levels in adult healthy men, Andrologia. 2002 Dec;34(6):367-72.

2 Gonzales GF1, Córdova A, Vega K, Chung A, Villena A, Góñez C., Effect of Lepidium meyenii (Maca), a root with aphrodisiac and fertility-enhancing properties, on serum reproductive hormone levels in adult healthy men, J Endocrinol. 2003 Jan;176(1):163-8.

3 Gonzales GF1, Cordova A, Gonzales C, Chung A, Vega K, Villena A., Lepidium meyenii (Maca) improved semen parameters in adult men, Asian J Androl. 2001 Dec;3(4):301-3.

4 Les hommes ne sont pas les seuls à posséder des corps caverneux, et donc à pouvoir expérimenter les bienfaits des extrais végétaux susmentionnés.  

 

Mon avis sur : HORNY GOAT WEED EXTRACT + MACA

Marque: HAYA LABS

img_9093

Par Alex, MuscleXperience team

Horny Goat Weed extract + Maca est un supplément à base d’extraits végétaux destiné avant tout à améliorer la fonction sexuelle, mais également la récupération.

Un coup d’œil sur la composition permet de vérifier que la marque HAYA LABS a réuni dans ce produit deux extraits réputés pour booster la fonction sexuelle. Initialement, je cherchais un extrait pur d’Epidemium, horny goat weed en anglais (herbe du bouc en rut en anglais, ceux qui me connaissent bien relèveront…), et bien que cette plante soit connue pour ses propriétés pro-érectiles en raison de sa capacité à inhiber la phosphodiestérase de type 5 (PDE5), propriété qui a fait le succès du citrate de sildénafil, le principe actif … du Viagra, l’extrait de fleur des elfes pur n’est pas si courant.

Je ne m’attendais certes pas à des effets similaires à ceux du best-seller de Pfizer, mais j’avoue avoir été curieux de vérifier par moi-même si la notoriété de cette fameuse fleur des elfes (autre nom de l’horny goat weed) était usurpée ou pas. Vu qu’à Epidemium a été ici additionné de l’extrait de maca, il me faudra faire le test plus tard avec un extrait pur. En attendant, je peux vous livrer mon avis sur Horny Goat Weed extract + Maca de HAYA LABS.

img_9096

L’Horny goat weed a nous l’avons dit des propriétés pro-érectiles. Elles sont dues à la présence dans cette plante d’icariin, un flavonol présent chez plusieurs variétés appartenant au genre Epidemium. Il s’agit d’un faible inhibiteur de la PDE5 également capable d’augmenter la production d’oxyde nitrique (NO) dans l’organisme, ce qui intéresse les pratiquants de musculation, et ceux (qui sont parfois les mêmes) du sport de chambre. Des effets antioxydants et antidépresseurs ont également été mis en évidence chez l’animal.

L’Horny goat weed est ici renforcée par du maca, plante dont j’ai déjà parlé dans MON AVIS SUR : ROCKET TESTO BOOSTER (lien). Le maca (Lepidium meyenii Walpers) est une plante originaire des hautes Andes péruviennes. Utilisé depuis des milliers d’années dans les Andes comme aliment et plante médicinale, il connaît une popularité importante depuis quelques décennies en raison de sa réputation d’aphrodisiaque, raison pour laquelle on le surnomme parfois le « viagra péruvien ». Si les résultats des différentes études menées afin de mettre en évidence le potentiel effet hormonal du maca ont donné des résultats contradictoires, son impact sur le désir sexuel à lui été prouvé dans le cadre d’études menées sur des hommes, même si son fonctionnement exact reste pour l’instant une énigme.

En fait, les propriétés inhibitrices de la PDE5 propres à l’horny goat weed ne sont pas contestées. L’administration orale d’un extrait pur de ce végétal améliore la fonction érectile, cela a été mis en évidence par plusieurs études. Mon test porte donc ici sur la concentration du principe actif et sur ses effets réel, ainsi que sur l’intérêt de l’ajout d’un adjuvant, le maca, dont l’effet sur l’augmentation de la libido est connu et reconnu.

img_9095

Mon ressenti :

Je me suis fait une cure intensive d’Horny Goat Weed extract + Maca avec un dosage progressif afin de vérifier si l’alliance de la médecine traditionnelle chinoise (l’horny goat weed est désigné sous le nom de yin yang huo) et andine est à même d’offrir un  « boost » sexuel convaincant.

Additionner Horny goat weed et maca dans une même formule a du sens. En effet, alors que la fleur des elfes est censée avoir un effet pro-érectile, la supplémentation en maca vise avant tout l’accroissement de la libido, deux objectifs différents mais néanmoins complémentaires.

Mon protocole de test a été le suivant : une semaine avec un comprimé le matin, la semaine suivante avec un comprimé le matin et un autre vers 20h, et la troisième semaine, deux comprimés le matin et deux le soir toujours à 20h.

Qu’en dire ? Et bien je n’ai pas vraiment été impressionné. Avec un comprimé le matin, les résultats ont été inexistants. Après, ne souffrant pas vraiment d’une libido vacillante, les effets auraient peut-être été plus prononcés sur un autre sujet d’étude. La deuxième semaine, avec un comprimé matin et soir, je ne peux pas dire non plus que les résultats aient été renversants. En forme, mais pas vraiment plus que d’habitude, avec peut-être un subtil accroissement de la libido, mais aucune différence physiologique (au niveau de l’érection, du volume testiculaire etc).

Avec quatre capsules par jour, les résultats ont été plus convaincants. Sans pour autant me transformer en « bouc en rut ». Au niveau de la libido je ne saurais dire si la différence était notable par rapport au dosage précédent, mais le principal bénéficie que j’ai retiré du dosage à quatre capsules par jour est une diminution de la période réfractaire (temps de latence entre chaque rapport). J’attribue cela à l’icariin présent dans l’horny goat weed : avec quatre comprimés dosés à 750mg d’Epidemium par comprimé, titré (selon Haya labs) à 3% d’icariin, cela m’a fait une dose quotidienne de 90mg d’icariin répartie tout au long de la journée. Je l’ai dit, je ne m’attendais pas à des résultats spectaculaires. Je ne suis donc pas véritablement déçu, je dirai simplement que pour un jeune mâle en bonne santé et vigoureux… on peut largement s’en passer. Pour ceux qui ont un petit coup de fatigue à ce niveau-là, je recommande de commencer directement avec un dosage de quatre comprimés par jour, voire cinq, un le matin, un le midi et deux une heure avant un éventuel rapport. Vous ne deviendrez pas un dieu de l’amour, mais vous ressentirez probablement un sursaut de vigueur. Pour le prix (une vingtaine d’euros), ça vaut le coup d’essayer !

img_9097

Conclusion :

Horny Goat Weed extract + Maca n’est clairement pas le supplément sexuel du siècle. Ce n’est pas pour autant un mauvais supplément. Les composés sont judicieusement choisis et correctement dosés, pour peu que l’on adapte la dose aux besoins. Pour ceux qui ont un « petit coup de mou » ou qui veulent dynamiser leur vie sexuelle, je pense que l’ajout de quatre voire cinq comprimés d’ Horny Goat Weed extract + Maca par jour, auxquels on ajouterait un tribulus terrestris de qualité constituerait un plus appréciable.

Une autre version de ce produit existe, le Horny Goat Weed + Libido Support Complex, qui contient, outre la fameuse fleur des elfes (j’ignorais d’ailleurs que lesdits elfes étaient de tels chauds lapins), un complexe d’extraits végétaux (Maca, Tongkat ali, Mucuna pruriens etc ) et d’arginine spécifiquement élaboré pour améliorer la fonction sexuelle. La composition ayant l’air prometteuse, il n’est pas dit que je ne l’essayerai pas un de ces jours. En tout cas pour ma part, Horny Goat Weed extract + Maca, s’il n’a pas changé vie, reste une expérience intéressante. Si vous l’essayez, vous me direz ce que vous en avez pensé !

NOTE : 6,5/10

 

Ingrédients : Dose : 1 comprimé

Fleur des elfes (Epidemium brevicornum) partie aérienne/feuilles 3% icariin

750mg

Maca (Lepidium meyenii)

50mg

Horny Goat Weed + Libido Support Complex est un supplement alimentaire.