Mon avis sur : TRIBULUS PLUS

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Marque : QUAMTRAX

Par Alex, MuscleXperience team

Dans l’article que j’ai consacré au Tribulus terrestris, Le Tribulus terrestris au-delà du mythe, j’explique pourquoi cet extrait végétal controversé et parfois méprisé peut s’avérer utile pour un athlète naturel en quête d’un petit plus pouvant faire la différence. On ne cherchera pas à obtenir un quelconque effet hormonal, et a fortiori des résultats steroid-like : si certains essais menés sur des animaux (singes, lapins) concluent à une augmentation significative de la production hormones stéroïdes (testostérone, dihydrotestostérone mais aussi DHEA) consécutive à un traitement avec un extrait de Tribulus , d’autres ont infirmé l’hypothèse que le Tribulus terrestris était à même de stimuler le système endocrinien et les taux d’androgènes. Plusieurs études menées cette fois sur des hommes en bonnes santé (en particulier sur des sportifs) sont également arrivées à la conclusion que le Tribulus n’avait pas d’effet hormonal.

Au-delà des vertus attribuées en phytothérapie au Tribulus terrestris (il serait diurétique, analgésique, anti -inflammatoire, antibactérien), ce végétal présente quelques sérieux atouts:

  • C’est une plante dite adaptogène, ce qui la rend susceptible d’améliorer la réponse de l’organisme aux divers stress auxquels il peut être exposé, même si certains spécialiste jugent ce concept aujourd’hui dépassé.  
  • Ses effets sur la fonction érectile sont avérés : le Tribulus aurait un effet sur la relaxation des fibres musculaires lisses des corps caverneux de la verge et la production d’oxyde nitrique (NO) au niveau de leur endothélium.

Le Tribulus terrestris peut donc être une option utile pour l’athlète naturel en quête de performance à la salle ou sous la couette, pour peu que le produit soit sélectionné avec soin et la dose adaptée.

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Les bases étant ainsi posées, on peut se demander si  TRIBULUS PLUS, de la marque espagnole QUAMTRAX, est conforme à notre cahier des charges. En matière de Tribulus, il est assez basique : la qualité de l’extrait dépend :

  1. de son origine (Plusieurs experts recommandent logiquement de sélectionner en priorité les extraits végétaux  provenant d’Europe centrale, qui seraient plus riches en protodioscine, même si cette recommandation est à nuancer, les mécanismes d’action de la plante conservant à l’heure actuelle leur mystère).
  2. De son taux de saponines dont protodioscine (Elles sont les principes actifs de la plante, ce qui explique que le taux de saponines, dites stéroïdiennes car leur structure ressemble à celles de hormones stéroïdes, soit fièrement affiché par certaines marques de nutrition sportive).
  3. De son dosage

 

TRIBULUS PLUS passe-t-il le test ? Let’s try it !

Quand on opte pour un supplément, il faut toujours garder à l’esprit qu’il s’agit justement d’un supplément et pas d’un quelconque produit dopant. Les effets de nombre d’extraits végétaux, même s’ils sont réels, restent malgré tout le plus souvent subtils.  Pour expérimenter ces subtils effets, encore faut-il consommer l’extrait sous une forme assimilable, en respectant un dosage adapté. Encore une fois parler de dosage avec un extrait végétal est délicat : pour ma part je me base sur les études menées sur des humains ou à défaut sur des rats (ou des souris, ou des lapins…) en adaptant le rapport grammes/kilogramme de poids de corps, et également sur mon ressenti. Concernant le Tribulus, beaucoup d’athlètes naturels le juge inutile. Je ne suis pas de cet avis, le l’ai expliqué dans Le Tribulus terrestris au-delà du mythe.  

Il m’arrive donc fréquemment d’ajouter du Tribulus terrestris à un stack naturel, donc la composition peut varier. Gingembre, maca, Mucuna pruriens, fenugrec… Mais dans tous les cas de figure j’incorpore au moins 1,5 gramme de Tribulus. En dessous- les effets ne sont pas subtils, ils sont imperceptibles. Quand certaines marques mettent sur le marché des comprimés contenant jusqu’à 2 grammes d’extrait de Tribulus, forcément TRIBULUS PLUS de QUAMTRAX et ses 385mg ont l’air un peu légers. En outre, les gélules  de TRIBULUS PLUS ne contiennent selon l’étiquette, outre le sulfate de zinc, que 72,64% d’extrait, le reste étant de la maltodextrine, du stéarate de magnésium et du dioxyde de titane (rien d’exceptionnel dans des gélules, mais cela rend la teneur réel en principe actif encore plus tenue).  Ce ne sont pas les 10mg de sulfate de zinc par gélule qui ont été ajoutés à  la formule qui y changeront grand-chose.

Mon ressenti :

Aucun. Dire le contraire serait mentir : je suis en ce moment plutôt fatigué, j’encaisse moins bien les séances qu’il y a quelques mois, et le petit plus pour la récupération que j’attends généralement avec du Tribulus ne s’est pas fait sentir. Il est vrai qu’avec moins de 385mg d’extrait de Tribulus par gélule et 10mg de zinc, il ne faut pas s’attendre à grand-chose. En respectant le(s) dosage(s) préconisé(s) par QUAMTRAX (les recommandations diffèrent selon les emballages du même produit, ce qui ne facilite pas la lisibilité : sur mes boîtes le dosage recommandé est d’une gélule, sur d’autres QUAMTRAX conseille deux gélules après le repas, mais on trouve également des étiquettes mentionnant 3 gélules avant la séance… Dans le doute j’ai essayé les trois « protocoles » sur une semaine chacun, et la dernière semaine je suis passé à 4/5 gélules par jour pour les finir)) je n’ai donc ressenti aucun accroissement de force, d’amélioration et d’accélération de la récupération post entrainement, et évidemment je n’ai pas expérimenté de priapisme…  

Durant le mois qu’a duré mon test de TRIBULUS PLUS, j’ai donc davantage considéré ce produit comme étant du « ZINC PLUS », du zinc (oligo-élément essentiel à plus d’un titre, et en particulier concernant la synthèse de la testostérone et la spermatogénèse) agrémenté d’un petit quelque chose à l’efficacité bien incertaine. La dernière semaine de mon test, il m’est arrivé d’en gober une petite poignée, sans pour autant ressentir plus d’effets.   

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Conclusion :

Un supplément contenant du Tribulus et du zinc, et vendu comme un optimisateur hormonal, alors que les effets du Tribulus terrestris sur la production d’hormones androgènes ne sont pas démontrés scientifiquement, et que si une carence en zinc (fort rare) peut avoir des effets délétères sur la santé (et pas seulement sur les fonctions reproductives), une overdose de zinc ne fera pas monter votre taux de testostérone mais sera en revanche toxique pour votre organisme (il faudrait quand même dépasser les 150/200mg par jour).

QUAMTRAX n’indique pas l’origine géographique de son Tribulus, uniquement le taux de saponines (sur certains emballages, d’autres sont dépourvus de cette indication), qui serait de 40%. De même, l’on ne sait pas s’il s’agit du fruit ou des parties aériennes (qui contiennent des taux de saponines différents). Seul vrai point positif, le prix de TRIBULUS PLUS : moins de 10€ chez la plupart des revendeurs, c’est plutôt économique… Sauf si on envisage d’en consommer plusieurs grammes. Dans ce cas de figure, il est plus avantageux de préférer à TRIBULUS PLUS d’autres références, plus qualitatives et mieux dosées.

NOTE : 4/10

Composition et valeurs nutritionnelles : Pour deux gélules

Graisses 0.01g
Glucides 0.71g
Protéines 0.19g
Zinc 20mg
Tribulus terrestris 40% saponines 770mg

Ingrédients : Tribulus terrestris 40% de saponines, gélatine (capsules), sulfate de zinc, maltodextrine, Antiagglomérant (stéarate de magnésium), E171 (colorant), dioxyde de titane.

 

Mon avis sur : MULTIVITAMIN

Marque: BODYMAXX SPORTSNUTRITION (BMXX)

Par Alex, MuscleXperience team

J’ai déjà eu l’occasion de l’écrire, un complexe multivitamines bien formulé et adapté aux besoins d’un organisme sollicité par un entraînement intensif se trouve en tête de liste des suppléments dont un sportif à la recherche de la performance ne devrait idéalement pas se passer. J’entends déjà l’éternelle ritournelle des fanatiques du  tout « naturel » : les vitamines et les minéraux naturellement présents dans la nourriture sont mieux assimilables, et son par conséquent à préférer à leurs homologues synthétiques. Ce n’est pas faux, mais il est nécessaire de rappeler la chose suivante : du fait du mode de vie occidental moderne, et de la prévalence des produits industriellement transformés sur les produits frais d’une part, de l’appauvrissement des sols surexploités d’autre part, il est désormais difficile de couvrir l’intégralité de ses besoins en vitamines et minéraux par la simple alimentation. Ce n’est pas impossible, mais il vous faudra alors ingurgiter une quantité importante de fruits, de légumes, d’œufs, viandes et poissons, en prenant garde à ne consommer que des marchandises biologiques, pour éviter d’avaler moult pesticides, résidus d’antibiotiques et de matière plastiques perturbateurs endocriniens etc etc.  Ça, c’est pour les omnivores, car en ce qui concerne les végétariens ou les végétaliens (vegan), le défi se révèle encore plus ardu. Pour ma part, même si je ne suis ni végétarien ni végétalien, et que je veille à m’alimenter de la manière la plus saine et la plus variée possible, je considère qu’un complexe multivitamines est un must, devant les vasodilatateurs, boosters de testostérone et autres brûleurs de graisses : c’est la base.

Ce type de compléments faisant partie de l’arsenal obligatoire de nombre de  pratiquants de musculation, la plupart des marques de nutrition sportive en ont intégré à leur catalogue. C’est le cas de BODYMAXX SPORTSNUTRITION, marque qui pour l’instant ne m’a jamais déçue et dont j’ai toujours plaisir à tester les produits. MULTIVITAMIN fera-t-il exception à la règle ? Let’s try it !

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On ne va pas se mentir, la plupart des complexes multivitamines disponibles sur le marché, qu’ils soient destinés à des sportifs ou non, ont une composition « basique » proche. De la vitamine A, des vitamines du groupe B, souvent de la vitamine D et E, parfois de la vitamine K. Concernant les minéraux, il y a les omniprésents (magnésium, calcium, manganèse), les plus rares et pourtant nécessaires (fer, chrome), les trop souvent absents ou sous-dosés (zinc, cuivre), et ceux dont on pourrait se passer (molybdène). La différence entre les produits concurrents se fait sur plusieurs critères :

  1. La composition et le dosage. Je suis toujours attentif aux dosages des vitamines du groupe B, à la vitamine C, ainsi qu’à certains minéraux (zinc, magnésium, manganèse, cuivre). Si le dosage de vitamine C est inférieur à 80 mg (soit l’apport journalier recommandé pour un adulte, qui en matière de vitamine C – acide ascorbique -, est un minimum), celui de zinc inférieur à 10mg (également AJR, l’apport nutritionnel conseillé étant situé entre 7 et 12mg par jour) ou le cuivre absent, je passe mon chemin.
  2.  La taille des comprimés. On y prête pas forcément attention, sauf quand ils sont tellement gros où anguleux qu’on n’arrive pas à les avaler. Pourtant, des comprimés minuscules censés contenir des dizaines de vitamines, minéraux voire extraits végétaux associés doivent inspirer de la méfiance : soit ils ne contiennent pas ce qui est imprimé sur l’étiquette (ou pas en totalité), soit les composés auront été tellement malmenés durant leur conditionnement que vous risquez de n’en retirer que bien peu de bénéfices.  
  3. Le prix. Nous parlons de vitamines en poudre, compactées et conditionnées. Même si le produit est de bonne facture et bien formulé, il faut savoir raison garder.

Mon ressenti :

Je ne vais pas vous dire que depuis que je prends deux comprimés de MULTIVITAMIN de BODYMAXX SPORTSNUTRITION tous les jours, je me sens beaucoup plus en forme, ma vie est devenue merveilleuse, j’effectue des prouesses à la salle de sport, et au lit, n’en parlons pas; ce ne serait pas vrai (enfin peut-être, mais pas grâce à MULTIVITAMIN). En revanche, je peux vous dire la vérité : MULTIVITAMIN est un complexe multivitamine bien formulé, complet, contenant tout ce que je cherche dans ce produit basique : De la vitamine A, de la vitamine C à 120mg, de la vitamine D et E, un complexe de vitamines du groupe B, et la quasi-totalité des minéraux que je traque sur les étiquettes (il ne manque que le potassium). Remarquons la présence de zinc, nécessaire à l’équilibre hormonal (il vous faudra cependant compléter cet apport, qui à lui seul n’est pas suffisant), et de cuivre, oligo-élément impliqué dans nombre de processus physiologiques (dont la formation du sang), et au bon fonctionnement hormonal, au niveau de la thyroïde, des glandes corticosurrénales et de l’hypophyse (le cuivre est notamment impliqué dans la production de l’hormone lutéinisante).

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Conclusion :

MULTIVITAMIN correspond à ce que j’en attendais : un complexe multivitamines complet, bien formulé et donc correctement dosé, dans un format pratique (le dosage recommandé par BODYMAXX SPORTSNUTRITION est de deux comprimés par jour), le tout à un prix accessible : aux alentours de 20€ la boîte de 120 comprimés chez les revendeurs proposant les produits BODYMAXX SPORTSNUTRITION : à raison de deux comprimés par jour, une boîte dure donc deux mois, ce qui est plutôt compétitif sur ce segment, BODYMAXX SPORTSNUTRITION  n’étant pas une marque discount ou low cost. Pas d’esbroufe, pas d’ajouts inutiles, un produit de qualité à un prix accessible. Musclexperience approved !  

NOTE : 8/10

Composition et valeur nutritionnelle :

Vitamin A 266μg
Vitamin C 120mg
Vitamin D 10μg
Vitamin K 60μg
Vitamin E 20mg
Vitamin B1 2,8mg
Vitamin B2 3,2mg
Vitamin B3 36mg
Vitamin B5-Acide pantothénique 12mg
Vitamin B6 4mg
Acide folique (Vit B9) 400mg
Vitamin B12 2μg
Biotine (Vitamine H) 300μg
Calcium 325mg
Magnesium 200mg
Iode 100μg
Fer 8mg
Selenium 50μg
Zinc 10mg
Cuivre 1mg
Manganèse 2mg
Chrome 50μg
Molybdène 50μg
Phosphore 250mg

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MULTIVITAMIN est disponible en ligne chez FIGHT FITNESS EQUIPMENT

La maca, Viagra péruvien ?

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Par Alex, MuscleXperience team

La maca (Lepidium meyenii Walpers) est une plante de la famille des Brassicaceae (également dits crucifères, intégrant les choux, navets, raifort etc), originaire des hautes Andes péruviennes. Elle est cultivée et consommée depuis le néolithique dans les Andes péruviennes, en haute altitude (elle l’est également dans une moindre mesure en Bolivie). Elle est traditionnellement utilisée dans l’alimentation locale (en mangeant le tubercule frais, séché ou sous forme de gruau, même si on trouve aujourd’hui des boissons et même des chips à la maca) ainsi que comme plante médicinale en raison des vertus qu’on lui attribue : elle aurait un effet tonique sur l’organisme, et plus particulièrement sur l’appareil reproducteur tant masculin que féminin. En clair, ce serait un stimulateur de la fertilité mais aussi de la libido.

La maca connaît une popularité grandissante depuis quelques décennies en raison de sa réputation d’aphrodisiaque. On la surnomme ainsi parfois le « viagra péruvien », mais également le ginseng péruvien car elle partagerait avec ce dernier sa qualité d’adaptogène.

Il y encore quelques années la maca en tant que supplément alimentaire était cantonnée aux magasins de produits biologiques et aux préparations formulées pour renforcer naturellement le désir sexuel et les capacités érectiles… avec plus ou moins d’efficacité. Son apparition dans les produits destinés aux sportifs est récente. Elle peut néanmoins faire sens en vertu des vertus prétendument adaptogènes et toniques précitées. Mais on retrouve également de l’extrait de maca dans des formules censées maximiser naturellement le taux de testostérone. Que penser de cette utilisation du «viagra péruvien» ?

Je ne sais pas vous mais moi je suis intrigué par un point. Dans les pays occidentaux, les préparations contenant de la maca affiche quelques grammes voire quelques milligrammes de ce tubercule plein de promesses. Mais au Pérou, l’utilisation traditionnelle qu’en font certaines populations andines va de la dizaine à la centaine de grammes. Ça doit en faire de sacrés chauds lapins, non ? Je pense donc qu’avant tout il faut relativiser les surnoms et qualificatifs à usage promotionnel. Promouvoir les cultures des petits producteurs locaux, c’est louable. Mais il faut être honnête, la maca n’a rien à voir, même de loin, avec le citrate de sildénafil contenu dans la pilule bleue mise sur le marché par Pfizer en 1998. Le rapprochement est donc sympathique mais abusif.

Le Viagra comme les autres médicaments de la classe des inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 (PDE5) empêche la destruction de la guanosine monophosphate cyclique (GMPc) qui ainsi maintient la concentration de monoxyde d’azote responsable de l’érection. Le citrate de sildénafil n’est pas le seul composé à avoir ces propriétés: dans la classe des inhibiteurs de synthèse de la PED5 on compte également le tadalafil, le vardénafil et l’avanafil. En outre, certains extraits végétaux ont également des propriétés similaires, quoi que dans de moindres proportions: c’est le cas de l’Epidemium (fleur des elfes ou horny goat weed) et d’un de ses flavonoïdes en particulier, l’icariine. Ce serait également celui du Tribulus terrestris (voir Le Tribulus terrestris au-delà du mythe). La maca, quant à elle n’a pas de propriétés inhibitrices de la PED5, elle n’agit pas sur la GMP cyclique et n’a donc, a priori, pas d’effets sur l’érection. A moins que …

Le Lepidium meyenii Walpers a fait l’objet de nombreuses études, dont plusieurs suggèrent un effet positif sur la dysfonction érectile et sur la fonction sexuelle chez la femme ménopausée. La réputation ancestrale de cette plante doublée de ces résultats encourageants a évidemment incité l’industrie de la nutrition sportive à s’engouffrer dans la brèche. Pourtant, il est désormais prouvé que la maca n’a aucune influence hormonale¹², si sur les taux de testostérone ou de testostérone libre, ni sur les taux d’estradiol. L’utilisation de l’extrait de maca dans des produits censés augmenter naturellement le taux de testostérone est donc sujette à caution. Est-elle pour autant bonne à reléguer au cimetière des suppléments inutiles et n’ayant pas tenues les promesses (trop belles pour être vraies) de l’industrie ? Ma réponse est négative.

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Tout d’abord, si la maca n’a pas d’effet hormonal, elle n’en reste pas moins un véritable super aliment contenant du calcium, du potassium, du fer, de l’iode, du manganèse, du zinc, du sélénium, du magnésium, de l’acide malique, les vitamines B1, B2, B12, C, D3, E, et P ainsi que 19 acides aminés. Rien que pour ce contenu riche en nutriments, la maca est intéressante en tant que cocktail mutivitaminé naturel.

C’est en outre un aphrodisiaque éprouvé : même si cela est indépendant d’une quelconque influence hormonale, l’effet de la maca sur le désir sexuel semble être indubitable, ce qui se manifeste par une fréquence plus importante des rapports. Plusieurs études ont conclu dans ce sens, même si la méthodologie utilisée a pu être questionnées, et si des doutes subsistent quant aux dosages utilisés, au type de maca testé sur les sujets et à la qualité des extraits.

Ensuite, la consommation de maca semble être capable d’améliorer la qualité du sperme et donc d’impacter positivement la fertilité³. Remémorons-nous les légendes ancestrales, les indiens péruviens conseillant aux premiers colons espagnols (qui les exploitaient allégrement) de donner de la maca aux animaux qui avaient du mal à se reproduire. Si c’est valable pour les ânes ou les chevaux, ça devrait l’être pour nous, non ?

En réalité, il est à l’heure actuelle impossible de comprendre précisément quels sont les mécanismes à l’œuvre avec le « ginseng péruvien ». Si l’on ne peut ignorer les nombreux retours positifs, l’utilisation traditionnelle dont elle fait l’objet en tant que plante médicinale et les quelques études sérieuses soutenant un effet certain sur la libido et la fertilité, il est nécessaire de garder une certaine réserve vis-à-vis des extraits végétaux vendus à toutes les sauces et porteurs d’innombrables promesses. Pour avoir avalé des dizaines de grammes de maca de types et de qualités diverses sous des formes variées, je peux affirmer que cette plante, aussi bénéfique et riche en nutriments qu’elle soit, n’a rien de commun avec les inhibiteurs de la PED5 de synthèse, et cela quel que soit le dosage utilisé. Cependant, il faut garder à l’esprit que mère nature protège bien ses secrets, et qu’une plante comme la maca renferme des centaines de phytocomposants, que l’on découvre progressivement, mais dont la très grande majorité nous est inconnue. Les effets « aphrodisiaques » de la maca peuvent trouver leur source dans un flavonoïde pour l’instant non identifié, ou dans un alcaloïde, ou dans une synergie opérée entre plusieurs de ses phytocomposants. Dans le doute, et au vu des résultats prometteurs, du prix de la maca et de sa disponibilité, je ne vois pas de raison de s’en priver: la maca peut totalement trouver sa place dans une routine de suppléments destinée à se maintenir dans une bonne forme générale, voire à accroître la vitalité et la vigueur sexuelle. Pour ma part, j’expérimente de vrais bénéfices dès 1,5g par jour, même si le dosage qui me convient le mieux se situe quelque part en 5 et 10g quotidiens.   

On pourra par exemple l’inclure dans un stack avec de l’horny goat weed ou du Tribulus qui ont une influence directe sur la fonction érectile, ou avec de l’extrait de fenugrec ou de muira puama, et avec quantité d’autres extraits intéressants donc les effets peuvent agir en synergie avec la maca. Un « viagra péruvien », peut-être pas, mais une arme de plus dans l’arsenal des hommes et des femmes(4) à la recherche de la performance, sûrement.

1 Gonzales GF, Córdova A, Vega K, Chung A, Villena A, Góñez C, Castillo S. Effect of Lepidium meyenii (MACA) on sexual desire and its absent relationship with serum testosterone levels in adult healthy men, Andrologia. 2002 Dec;34(6):367-72.

2 Gonzales GF1, Córdova A, Vega K, Chung A, Villena A, Góñez C., Effect of Lepidium meyenii (Maca), a root with aphrodisiac and fertility-enhancing properties, on serum reproductive hormone levels in adult healthy men, J Endocrinol. 2003 Jan;176(1):163-8.

3 Gonzales GF1, Cordova A, Gonzales C, Chung A, Vega K, Villena A., Lepidium meyenii (Maca) improved semen parameters in adult men, Asian J Androl. 2001 Dec;3(4):301-3.

4 Les hommes ne sont pas les seuls à posséder des corps caverneux, et donc à pouvoir expérimenter les bienfaits des extrais végétaux susmentionnés.  

 

Mon avis sur : HOT BLOOD 3.0

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Marque : SCITEC NUTRITION®

Par Alex, MuscleXperience team

En matière de boosters « preworkout  » comme en matière de cinéma, je suis toujours un peu circonspect vis-à-vis des références faisant l’unanimité. Certains diront que je suis élitiste, voire snob, d’autres savent que je suis simplement à la recherche  de l’excellence, et parfois il est vrai, de l’exotisme.

HOT BLOOD 3.0 est tout sauf un produit exotique. Placé parmi les meilleures ventes en matière de boosters pré séance en Europe, c’est, dit-on dans les salles (« tu as testé HOT  » BLOUD  » », m’a-t-on quelque fois demandé) et lit-on sur le net, une valeur sûre. Il fallait bien que je me décide un jour à le tester. HOT BLOOD 3.0, let’s try it !

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Au niveau de la composition, pas de surprises, nous avons les ingrédients classiques dans ce genre de formulation :

  • Une matrice de cinq formes de créatines différentes : la bonne vieille créatine monohydrate (micronisée « MicronTec », donc sous forme de micro particules censée faciliter l’assimilation de la créatine), de la Kre-Alkalyn®, forme de créatine « tamponnée » popularisée dans les années 2000 pour avoir un Ph basique, ce qui éviterait les troubles du transit liés à l’acidité (je n’en ai pour ma part jamais fait l’expérience), pour sa propension à ne pas se transformer en créatinine (alors qu’en réalité si la prise d’une dose significative de créatine fait monter le taux sanguin de créatinine, celui-ci ne sera plus un marqueur de la fonction rénale), et ne pas être toxique (la créatine monohydrate, à condition de respecter les dosages recommandés notamment par l’EFSA et l’ANSES – 3g par jour – n’est pas toxique, sauf à la prendre conjointement avec certains médicaments). D’autres arguments de vente affirment qu’elle ne provoquerait pas de rétention d’eau, et qu’elle ne nécessiterait pas de « phase de charge ». La rétention d’eau consécutive à la consommation de créatine est un faux problème : il ne s’agit pas d’eau sous-cutanée mais  stockée à l’intérieur des cellules musculaires, ce qui constitue un effet secondaire plutôt positif : si sur le long terme la créatine permet bien de gagner en force, de de prendre plus lourd et de construire plus de masse musculaire, cette augmentation du volume des myocytes permet en théorie de paraître plus « gonflé ». Le vrai problème des pratiquants qui consomment (voire se surchargent) en créatine, c’est qu’ils se gavent de glucides, et ce sont lesdits glucides qui provoquent une vraie rétention d’eau sous-cutanée. HOT BLOOD 3.0 contient également de la créatine pyruvate, résultant de la liaison de la créatine et de l’acide pyruvique. Dans les muscles, une partie de la créatine disponible se lie au phosphate pour donner de la phosphocréatine qui elle-même se lie à l’adénosine diphosphate (ADP) pour créer l’adénosine triphosphate (ATP), source d’énergie musculaire impliquée dans de nombreuses réactions biochimiques. Le pyruvate étant également impliqué dans des processus de production d’énergie sous forme d’ATP (le pyruvate issu de la glycolyse intègre après sa décarboxylation oxydative en Acétyl-Coa le cycle de KREBS, dont l’un des produits est l’ATP), ce mariage peut avoir du sens… Même si en l’état actuel des recherches rien n’indique que cette forme soit supérieure à la créatine monohydrate. HOT BLOOD 3.0 affiche également dans sa composition du citrate de créatine et du phosphate de créatine, autrement dit la phosphocréatine qui est la forme directement utilisable pour le muscle pour créer l’ATP. Contrairement à d’autres formes « innovantes » de créatine dont la preuve de la supériorité n’a pas été  apportée, le phosphate de créatine a montré une capacité à augmenter le poids des athlètes et la capacité de travail anaérobie (ce qui est le cas de la musculation ou du cardio en fractionné ou high-intensity interval training (HIIT) de manière significative.
  • Un complexe d’acides aminés mêlant de l’arginine (pour la congestion), de la tyrosine (participant à la synthèse des catécholamines, l’adrénaline, la noradrénaline B, la dopamine B, elle est également le précurseur de la DOPA; la tyrosine est susceptible d’augmenter la vigilance et la concentration) de la taurine, qui joue un rôle important dans le métabolisme des lipides et augmente la sensibilité à l’insuline (et le taux de testostérone !) et de l’ornithine HCL, dont le double intérêt est d’être un précurseur de la citrulline (donc d’influer sur la production d’oxyde nitrique) et d’impacter positivement la sécrétion de facteurs de croissance (hormone de croissance, insulin-like growth factor-1 ou IGF-1, insulin-like growth factor-binding protein 3 ou IGFBP-3) , en particulier quand elle est prise conjointement avec de l’arginine.  
  • Un complexe de vitamines du groupe B (jouant un rôle majeur dans le métabolisme) et d’électrolytes (sodium, le plus important durant la séance en particulier si elle s’éternise, et du magnésium).
  • Le Multi-complexe « Hot blood », qui joint à des acides aminés soutenant la performance, la congestion (Bêta-alanine, Arginine AAKG, L-citrulline DL-malate) et le métabolisme (Acetyl L-Carnitine) une dose de caféine, incontournable dans les pre workout contenant des stimulants, des « polymères de glucose » (des glucides à IG élevé, mais polymères ça fait plus scientifique : il n s’agit que de dextrose) et de la Biopérine® pour optimiser l’assimilation du cocktail. Il faut cependant noter que si l’influence de l’arginine prise avant ou pendant la séance sur la congestion musculaire est largement battue en brèche par la recherche, l’AAKG (arginine et α-cétoglutarate, cétoacide intervenant également dans le cycle de KREBS) l’est tout autant, plusieurs études faisant peser de sérieux doutes sur son efficacité (elle de de surcroît plus chère).
  • Pour finir, HOT BLOOD 3.0 affiche dans sa composition un complexe d’antioxydants de bonne facture, où l’on retrouve un extrait de thé vert (Camellia sinensis), de l’extrait de pépin de raisin (qui en plus influence positivement le taux de testostérone) et de l’acide alpha-lipoïque, l’un des antioxydants les plus puissants disponibles actuellement. Est-ce une bonne idée de joindre ce genre de complexe à un booster pré séance ? La question fait l’objet de débat, mais la réponse est a priori négative : les antioxydants viendraient atténuer les effets positifs de l’exercice en brouillant les signaux transmis par les dérivés réactifs de l’oxygène (DRO, en anglais reactive oxygen species ou ROS), tels que les radicaux libres, qui influeraient positivement sur l’anabolisme post-entraînement. Nous ne trancherons par ce débat dans ce court article, mais limiter la prise d’antioxydants autour  de la séance semble être un choix plus judicieux.

 

Mon ressenti :

Il faut bien le reconnaître, j’ai été quelque peu déçu par les effets de HOT BLOOD 3.0. Peut-être est-ce qu’à force d’en entendre parler je m’attendais vraiment à quelque chose d’exceptionnel, mais en respectant le dosage recommandé je n’ai pas ressenti ce « pump » tant recherché, suivi de l’envie irrépressible de pousser l’entraînement au-delà de mes limites. Il faut dire que j’en teste beaucoup, des preworkouts, et parfois j’ai vraiment l’impression d’être habité par les flammes de l’Enfer. En mettant deux doses de HOT BLOOD 3.0 dans mon shaker, j’ai malgré tout fait l’expérience d’une énergie appréciable, et même d’un certain sentiment de bien-être pendant la séance (est-ce dû à la théanine contenue dans le thé vert ?). Je n’ai éprouvé aucun bénéfice à aller au-delà des deux doses (40g, tout de même…), même pas de la fébrilité due à la dose conséquente de caféine. Fait notable, je n’ai ressenti aucune paresthésie (vous savez, les petits picotements dus à la bêta-alanine qui remontent jusque dans les oreilles), ce qui me laisse quelque peu songeur puisqu’ on la ressent généralement dès un ou deux grammes.

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Conclusion :

HOT BLOOD 3.0 n’est pas un mauvais produit. La composition est plus que correcte pour un supplément de cette gamme, et le prix (environ 16€ pour 300g, un peu plus de 30€ pour 820g n’est pas délirant. Problème, avec une seule dose les effets se font désirer, et avec deux doses par séance (voire un peu plus pour ma part) HOT BLOOD 3.0 est tout de suite moins économique.

Le goût que j’ai choisi, à savoir « orange juice » (jus d’orange) n’est pas mauvais. En revanche un important dépôt se forme au fond du shaker, la dissolution n’est donc pas optimale.

Je dirai qu’ HOT BLOOD 3.0 est un booster pré séance d’entrée de gamme, parfait pour commencer en douceur dans cette catégorie de produits. Si en revanche vous êtes un utilisateur expérimenté habitué aux sensations fortes, et que vous voulez de l’acide dans les veines, des sueurs froides sur le front et la rage au ventre durant votre séance… passez votre chemin.

NOTE : 6,5/10

 

Ingrédients et valeurs nutritionnelles : Une dose : 20ml

 

Par dose

%AJR*

Vitamine B5

35 mg

219%

Vitamine B7

7,5 µg

15%

Vitamine B9

30 µg

15%

Magnésium

56,7 mg

15%

Calcium

202 mg

25%

Caféine (teneur totale)

80 mg

 
Matrice Hot Blood    
Matrice Multi-créatine

3430 mg

 
  dont créatine

3000 mg

 
(Créatine monohydrate, Kre-alkalyn, créatine pyruvate, créatine citrate, créatine monohydrate micronisée Microntec. )    
Matrice d’acides aminés

4250 mg

 
( L-arginine HCI (3000mg), L-tyrosine (1000 mg), Taurine (200 mg), L-ornithine (50 mg)    
Complexe Hot Blood

2322 mg

 
L-arginine alpha cétoglutarate (1200 mg), bêta-alanine (500 mg), acétyl L-carnitine HCI (250 mg), L-citrulline DL-malate (200 mg), caféine (62 mg), L-carnitine L-tartrate (55 mg), carbonate dhydrogène de sodium (50 mg), Bioperine® (5 mg)    
Complexe Anti-oxydant

210 mg

 
Extrait de thé vert (180 mg), extrait de pépins de raisin (20 mg), acide alpha lipoïque (10 mg)

Ingrédients : Orange sanguine: maltodextrine, créatine monohydrate, créatine monohydrate micronisée Mircontec, correcteur d’acidité (acide citrique anhydre), L-arginine alpha cétoglutarate 2:1, dextrose, L-tyrosine, arôme (orange sanguine), tricalcium phosphate, bêta-alanine, hydrochlorure d’acétyle L-carnitine, carbonate de magnésium, L-citrulline DL-malate 1:1, taurine, extrait de feuille de correlia sinensis (> 50% polyphénols), édulcorants (acésulfame-K, sucralose), colorants (rouge betterave, curcuma, carmoisine**), créatine pyruvate, caféine anhydre, L-carnitine L-tartrate, agent anti coagulant (dioxyde de silice colloïdal), L-ornithine hydrochlorure, carbonate d’hydrogène de sodium, nicotinamide, extrait de pépin de vitis vinifera (95% proanthocyanidine), créatine citrate, acide alpha lipoïque, monohydrate de créatine tamponnée Kre-alkalyn®, extrait de piper nigrum (fruit) Bioperine®, D-biotine, acide ptéroylmonoglutamique.

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Précautions :

  •    Comme pour tous les programmes d’exercices, régimes alimentaires ou compléments alimentaires, consultez votre médecin au préalable.
  •    Tenir hors de portée des enfants
  •    Ne doit pas être utilisé par les mineurs, femmes enceintes ou allaitantes.
  •    Ne pas dépasser la dose prescrite.
  •    Doit être utilisé dans le cadre d’une alimentation variée et d’un mode de vie sain, ne peut remplacer une nutrition équilibrée.
  •    Teneur élevée en caféine.
  •    Ne pas consommer de caféine ou autres stimulants du système nerveux pendant la prise de ce supplément.
  •    Suspendez la prise de ce supplément en cas de manifestation délétère inhabituelle.

Infos allergènes : Produit fabriqué dans une usine traitant des protéines de lait, du soja, des œufs, du gluten et des arachides.

Mon avis sur : TRIBULUS EXTRA STRONG FORMULA

Marque : BODY MAXX NUTRITION

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Par Alex, MuscleXperience team

Dans l’article que j’ai consacré au Tribulus terrestris, Le Tribulus terrestris au-delà du mythe, j’ai expliqué pourquoi cet extrait végétal à la fois largement plébiscité par nombre d’athlètes naturels et controversé voire dénigré par d’autres mérite que l’on s’intéresse à lui.

Si le Tribulus terrestris est omniprésent dans les « boosters de testostérone » commercialisés par la plupart des marques de nutrition sportive, quelques rapides recherches menées sur des forums de musculation francophones vous renverront souvent les mêmes échos : le Tribulus ne « marche pas » ; et bien cette assertion répétée avec tant de conviction, en plus d’être mal formulée, n’est pas vraie.

Je suis toujours sceptique vis-à-vis de l’argument d’autorité (cette plante est utilisée depuis 2000 ans dans différentes pharmacopées traditionnelles, donc les plus anciennes, la pharmacopée chinoise et ayurvédique : c’est qu’elle doit être efficace), voire carrément méfiant vis-à-vis des contes de fée botaniques et autres légendes ancestrales appliquées à la supplémentation sportive (« cet extrait végétal, déjà utilisé dans les antiques remèdes druidiques… ») dont la valeur scientifique est proche de zéro et qui le plus souvent sont utilisés à des fins de marketing tapageur.  Il faut cependant bien reconnaître que souvent l’utilisation traditionnelle de telle ou telle plante (cela vaut pour les composés organiques ou minéraux) nous met sur la piste d’extraits aux vertus prometteuses. En conservant la distance et la rigueur nécessaires à une étude de fond, on peut examiner ces composés au cas par cas, et séparer ceux qui recèlent un potentiel indéniable (le maca, le mucuna pruriens, le ginseng sibérien ou non, et également le tribulus, à l’instar de centaines d’autres), de ceux qui constituent une ancestrale arnaque, doublée bien souvent d’un désastre environnemental (non, ingurgiter de la poudre de corne de rhinocéros n’a jamais donné d’érection à qui que ce soit où alors par un pur effet placebo: autant manger ses cheveux, c’est également de la kératine donc c’est tout aussi inutile et ça ne conduit pas une espèce entière à l’extinction).  

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Nombre de débutants se lancent dans une « cure » de Tribulus comme s’il s’agissait d’un cycle de stéroïdes, en en attendant les mêmes effets. Forcément ; ils encourent une inévitable déception.  Cependant, si vos attentes sont proportionnées à ce supplément, vous pourriez être agréablement surpris par le résultat.

La Tribule terrestre, également appelée « Croix-de-Malte » ou puncture vine en anglais est une plante appartenant à la famille des Zygophyllaceae. C’est son fruit qui est le plus souvent utilisé dans les préparations commercialisées comme optimisateurs hormonaux, et TRIBULUS EXTRA STRONG FORMULA ne fait pas exception. Le Tribulus contient un grand nombre de phytoconstituants dont des saponines, des flavonoïdes, des alcaloïdes, des phytostérols, des sucres des acides etc. Ses principes actifs les plus mis en valeur par l’industrie de la nutrition sportive sont les saponines, dont la composition phytochimique ressemble à celle des stéroïdes.  Le Tribulus en contient une myriade : les fameuses protodioscin et prototribestin, mais également les TerrestrosinsA-E,terrestrosins F-K, neotigogenin, desgalctotigonin, F-gitonin, ruscogenin, desglucolanatigonin, gitonin, diosgenin, hecogenin, chlorogenin, Tribulosaponin A-E, Isoterrestrosin-B et 25-D spirosta-3,5 diene.

Pourquoi consommer un extrait de Tribulus quand on est un athlète ? La question peut paraître simple, la réponse l’est beaucoup moins. Dans les années 1980, le Tribulus a fait la renommée des haltérophiles bulgares, dont on attribuait les performances à la consommation de ce supplément. Plusieurs études datant de cette époque ont confirmé un effet positif sur la performance, les taux de certaines hormones androgènes, et les vertus « adaptogènes » du Tribulus, c’est-à-dire la capacité induite par la consommation de cet extrait à mieux résister aux divers stress (physique, psychologique) environnementaux. Aujourd’hui, bien qu’une myriade d’études ait été menée à la fois sur des animaux et des humains pour confirmer ou infirmer ces supposés effets hormonaux, les résultats sont toujours contrastés d’une étude à l’autre.  Certaines ont cependant bien mis en évidence une augmentation significative de la production hormones stéroïdes (testostérone, dihydrotestostérone mais aussi DHEA) consécutive à un traitement avec un extrait de Tribulus.

Ce qui n’est pas sujet caution, c’est la capacité du Tribulus terrestris à augmenter la production d’oxyde nitrique dans l’organisme, est particulièrement au niveau des fibres musculaires lisses des corps caverneux de la verge… ce qui expliquerait son effet aphrodisiaque. Il a été démontré qu’une supplémentation de Tribulus était en capacité d’augmenter la fréquence des rapports sexuels, et un cas de priapisme imputable  à même été rapporté.

Après, reste à définir le dosage adapté. Bien évidemment il s’agit d’un choix individuel dépendant du ressenti de chacun. Le Tribulus terrestris ne fait pas partie de ma routine tout au long de l’année, mais j’en fais des cures à raison de six mois cumulés, généralement de deux ou trois mois avec des interruptions de durée équivalente. Après avoir testé différents protocoles et différentes références, j’ai arrêté la dose efficace pour moi entre deux et quatre grammes, et je suis généralement plus proches des quatre. Le souci majeur de ce type de supplément et qu’il est généralement dosé à 500mg par gélules, plus rarement un gramme. Puisque la majorité d’entre nous avalons déjà des poignées de gélules tous les jours (entre les omégas 3, 6, les BCAA, la L-carnitine … ça commence à faire beaucoup), cela fait encore quatre voire huit gélules ou comprimés supplémentaires. Je privilégie donc toujours les extraits de qualité, disponibles dans un format adéquat, c’est-à-dire bien chargés.

Quand j’ai lu sur l’étiquette du Tribulus proposé par la marque BODY MAXX NUTRITION, dont la ISO WHEY m’avait plutôt impressionné par sa qualité, la mention « EXTRA STRONG FORMULA », j’ai voulu vérifier par moi-même…

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Mon ressenti :

Effectivement, deux grammes par comprimé, quatre grammes pour deux, le dosage est idéal. Un le matin avec mes blancs d’œufs et mes flocons d’avoine, l’autre avant de me coucher pour faciliter la récupération nocturne, c’est simple et efficace. On peut évidemment se contenter de deux grammes par jour, le dosage habituellement conseillé (sans qu’aucun dosage recommandé par les autorités de santé n’existe, puisqu’il ne s’agit pas d’une vitamine ou d’un oligo-élément) étant situé quelque part entre 500mg et 1,5 voire deux grammes. Cela n’engage que moi (et je ne prends pas trop de risques, la limite de sécurité concernant le Tribulus est élevée comme je l’indique dans mon article Le Tribulus terrestris au-delà du mythe, pour peu que l’on ne souffre pas de pathologies hépatiques, rénales, ou d’autres affections – si c’est le cas il est préférable de consulter un médecin avant de consommer ce supplément), j’ai effectué le test à quatre grammes par jour, pendant un mois,  la boîte contenant 60 comprimés.

Il est évidemment toujours difficile de jauger les résultats de ce type de suppléments, souvent subtils. Non, je n’ai pas pris dix kilos de muscles secs, veineux et striés, je n’ai pas non plus perdu mes cheveux ou uriné violet ou vert. Par contre j’ai encaissé une période de fatigue très importante due à mon rythme de vie actuel sans broncher, en dormant peu et en m’entraînant six jours par semaine à raison d’une heure et demie par séance ; et en augmentant mes calories issues des glucides (c’est la période), sur un mois j’ai réussi à prendre pas loin d’ 1,5kg , dont très peu de gras (c’est la balance impédancemètre qui le dit).  

Est-ce entièrement dû à TRIBULUS EXTRA STRONG FORMULA ? Je ne le crois pas. TRIBULUS EXTRA STRONG FORMULA a ti-il contribué à cette prise de muscle ? Je le crois. Des entraînements durs, une récupération correcte, une congestion  intense malgré la fatigue, un sommeil profond et une prise de gras pratiquement nulle. Sans oublier… une libido plus que satisfaisante.

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Conclusion :

BODY MAXX NUTRITION nous livre donc un Tribulus de qualité, uniquement élaboré à partir du fruit et donc pas des parties aériennes le plus souvent moins riches en saponines, dans un conditionnement optimal.

A titre de comparaison, le Tribulus proposé par PEAK NUTRITION est disponible en gélules d’un gramme, dont seulement 750mg de Tribulus , le reste étant composé d´extrait de Saw-Palmetto ou palmier nain (utilisé pour son action inhibitrice de l’enzyme 5-alpha-reductase qui est responsable de la conversion d’une fraction de la testostérone en androstanolone ou dihydrotestostérone , soit une hormone plus anabolisante et plus androgénique que la testostérone… ajout totalement inutile dans ce type de supplément) de zinc et de vitamines, et le TRIBULUS MAXIMUS de BIOTECH USA, déjà l’un des plus dosés disponibles actuellement, contient « seulement » 1500mg de Tribulus par gélule. TRIBULUS EXTRA STRONG FORMULA est un produit bien conçu, simple et sans fioritures ce qui semble être la marque de fabrique de BODY MAXX NUTRITION : on a ce que l’on veut acheter, pas de vitamines additionnelles, pas de minéraux censés agir (à tort ou à raison) en synergie avec le Tribulus… Seul petit bémol, le taux de saponines (dont protodioscine) n’est pas indiqué, un oubli qui gagnerait à être réparé puisque les extraits de Tribulus récoltés en Europe centrale (Bulgarie, Macédoine) affichent des taux de protodioscine parmi les plus élevés du monde… et que la matière première de TRIBULUS EXTRA STRONG FORMULA provient justement de Bulgarie. TRIBULUS EXTRA STRONG FORMULA est un produit de qualité, à un prix décent (moins de 30€), dans le conditionnement le plus dosé du marché. Rien à ajouter !

NOTE : 9/10

Valeurs nutritionnelles:

Tribulus Terrestris Extract (100% fruit) : Pour un comprimé : 2000mg  /  Pour deux comprimés : 4000mg

Ingrédients: Tribulus Terrestris Extract (100% fruit), microcrystalline cellulose, magnesium stearate, silicon dioxide

Retrouvez BODYMAXX SPORTS NUTRITION sur Instagram et Facebook

TRIBULUS EXTRA STRONG FORMULA est disponible en ligne chez FIGHT FITNESS EQUIPMENT

Article sponsorisé 

Mon avis sur : CHONDROSTÉO

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Marque : LABORATOIRES GRANIONS

Par Alex, MuscleXperience team

Dans mon article consacré au complexe JOINT-X de SCITEC NUTRITION®, j’abordais l’émergence depuis quelques années de suppléments destinés à renforcer les articulations et à prévenir ou contenir la dégradation du cartilage désormais disponibles sur le marché de la nutrition sportive. Dans cette catégorie en plein essor, on trouve sans surprise le meilleur comme le pire.

Expérimentant depuis quelques mois des douleurs articulaires à répétition, qui sont souvent le lot des vétérans de la fonte, j’ai ajouté à ma routine de suppléments du sulfate de glucosamine et du sulfate de chondroïtine. Puisque à peu près toutes les marques de nutrition sportive ont à leur catalogue un supplément dédié à « l’entretien articulaire », je change régulièrement, en conservant des dosages à peu près similaires.

En fouillant dans le rayon compléments/suppléments de ma pharmacie de quartier à la recherche d’un complexe contenant ces deux composés (l’inclusion de méthylsulfonylméthane – MSM – étant un plus), je suis tombé sur un produit qui m’a paru particulièrement bien formulé: CHONDROSTÉO des LABORATOIRES GRANIONS. Je connaissais ce laboratoire pour d’autres références de qualité à un prix accessible, et CHONDROSTÉO ne faisant apparemment pas exception, j’ai décidé de lui donner sa chance. Let’s try it !

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En premier lieu, CHONDROSTÉO affiche dans sa composition les trois grands classiques des suppléments destinés à l’entretien articulaire :

  • La glucosamine hydrochloride (1126mg par dose): c’est un osamine (sucre aminé), qui sert à la synthèse de plusieurs macromolécules (par glycosylation, liaison d’un glucide –ose- à une chaîne peptidique), présentes dans différents tissus, dont le cartilage. C’est un composant de plusieurs polysaccharides dont la chitine contenue dans la carapace des crustacés et des insectes.  
  • Le sulfate de chondroïtine (150mg par dose) : glycosaminoglycane sulfatée, macromolécules glucidiques formant notamment  d’importants composants des tissus conjonctifs (on peut citer aux côtés de la chondroïtine la kératane sulfate, composant de la kératine de ongles et des cheveux, et l’acide hyaluronique, que l’on retrouve également dans les articulations la peau etc).  Elle contribue à l’hydratation du cartilage, et par voie de conséquence à la souplesse des articulations. Le sulfate de chondroïtine a une action inhibitrice sur l’élastase, enzyme médiatrice de la dégradation du cartilage, et stimule la synthèse du collagène et des protéoglycanes dans les chondrocytes (cellules du cartilage). Il a été démontré que contrairement à ce que l’on entend souvent de la bouche de ses détracteurs, le sulfate de chondroïtine peut être absorbé et assimilé oralement, et que l’on en retrouve dans le liquide synovial des articulations suite à son ingestion.
  • Le MSM ou methylsulfonylméthane (225mg par dose) : metabolite du dimethyl-sulfoxide (DMSO). Il s’agit d’un composé soufré, d’aspect cristallin auquel l’industrie de la complémentation et de la supplémentation attribue bien des vertus : anti-inflammatoire, il aurait une action bénéfique sur la paroi intestinale, et combiné à la glucosamine et/ou à la chondroïtine, serait efficace pour soulager les douleurs articulaires et notamment celles dues à l’arthrose. Le Methylsulfonylméthane aurait également une action antioxydante en réduisant le stress oxydatif lié à l’exercice. Si ce composé paraît prometteur, son efficacité reste encore à ce jour sujet à caution.

Dans mon article consacré JOINT-X , je regrettais l’absence de certains minéraux essentiels à l’entretien des articulations, dont le silicum (oligo-élément reminéralisant) et le manganèse (oligo-élément nécessaire entre autres chose à une bonne densité osseuse). D’autres comme le calcium et le cuivre y contribuent également. En effet, le silicium est un élément nécessaire à la synthèse des tissus dont les os, les tendons, les muscles et les ligaments, et de manière générale au bon fonctionnement de l’organisme, qui en contient environ 7g. S’il est présent en quantités importantes dans de nombreux tissus, les concentrations diminuent drastiquement avec l’âge, en particulier dans la peau et le cartilage. Impliqué dans la synthèse du collagène, sa présence dans un complexe destiné à maintenir la santé articulaire fait sens. En outre, le silicium potentialise l’action du zinc et du cuivre, ce dernier ayant été incorporé à la formule de CHONDROSTÉO. Le silicium intégré dans CHONDROSTÉO est issu d’extrait de bambou, donc de source naturelle (pour ceux qui comme moi ingèrent quotidiennement des quantités indécentes de flocons d’avoine, il est à noter que comme le bambou, l’avoine est particulièrement riche en silicum, même si le traitement post récolte est susceptible d’amoindrir cette teneur).  

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CHONDROSTÉO contient également le manganèse que j’appelais de mes vœux dans ma review de JOINT-X de SCITEC NUTRITION®, minéral dont la carence peut s’avérer fâcheuse chez l’être humain (malformations osseuses, troubles de la reproduction…) et du calcium dont l’importance pour le maintien du capital osseux et cartilagineux est primordiale.

La composition de CHONDROSTÉO est complétée par un mélange d’extraits végétaux réputés pour soulager les douleurs articulaires, dont de l’Harpagophytum (Harpagophytum procumbens, ou « griffe du diable, plante poussant dans l’hémisphère sud et particulièrement en Afrique australe où elle fait l’objet d’une utilisation traditionnelle, et utilisée en phytothérapie comme anti-inflammatoire, pour soulager les rhumatismes et l’arthrite.

On y trouve également de la reine des prés (Filipendula ulmaria), traditionnellement utilisée pour atténuer de manière naturelle les douleurs, notamment articulaires, musculaires et rhumatismales etc.

CHONDROSTÉO contient enfin de l’extrait de cassis, également utilisé en phytothérapie en raison des propriétés de certains de ses flavonoïdes, pour soulager les douleurs musculaires et articulaires (il est souvent conseillé dans les cas d’arthrose du genou et de crises de goutte), et que l’on retrouve souvent associé à l’Harpagophytum.

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Mon ressenti :

Quand j’ai commencé le test de CHONDROSTÉO, je consommais déjà un supplément contenant de la glucosamine, de la chondroïtine et du MSM. Si je ne peux affirmer avec certitude que CHONDROSTÉO ait été pour moi plus efficace que son prédécesseur, je dois en revanche reconnaître que mes articulations sont beaucoup moins douloureuses aujourd’hui qu’il y a huit semaines. Il est évidemment difficile de jauger de l’efficacité d’un produit destiné à soutenir la santé articulaire, l’amélioration se voyant généralement sur le moyen ou long terme. Par contre, quand un produit est complètement inefficace, on s’en rend vite compte. Avec le recul je peux donc dire que CHONDROSTÉO a rempli sa mission me concernant, et pour l’instant il figure en haut de la liste de mes suppléments pro-articulaires favoris. Pas parce que la marque est réputée ou que le packaging est attrayant, mais parce que c’est un produit bien formulé, bien dosé, et que son prix est abordable (environ 25€ pour 180 comprimés).

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Conclusion :

CHONDROSTÉO est un supplément destiné à soutenir la santé articulaire, à favoriser l’assouplissement des articulations, à améliorer la mobilité articulaire et à maintenir le capital osseux. Ce supplément est bien formulé, il contient les composés phares de cette catégorie de supplément, mais également un complexe d’oligo-éléments et d’extraits végétaux intelligemment sélectionnés pour agir en synergie. Le dosage de chaque composé a été établi à partir des dosages reconnus comme efficaces chez l’homme, et son format n’est pas contraignant (trois comprimés par jour en une prise). Son prix (environ 25€ pour 180 comprimés) en fait un supplément au bon rapport qualité prix.

Concernant les douleurs articulaires dont je souffre régulièrement, j’ai pu noter leur atténuation concomitante avec la consommation de CHONDROSTÉO et d’un complexe d’oméga 3 et 6. Je suis donc satisfait de ce produit, et ne peux que le recommander.  

NOTE : 8,5/10

Ingrédients : glucosamine HCL (crustacés), plantes : extrait d’harpagophytum – reine des prés (poudre) – feuilles de cassis (poudre) – extrait de bambou 40%, silice, minéraux : phosphate tricalcique – carbonate de calcium (maltodextrine) – gluconate de manganèse – gluconate de cuivre, MSM, chondroïtine sulfate (poisson), anti-agglomérants : stéarate de magnésium – mono et di glycérides d’acides gras.

Ingrédients d’enrobage : hydroxypropyl methyl cellulose, hydroxypropylcellulose, cellulose microcristalline, acide stéarique, colorants : dioxyde de titane – indigotine. Possibilité de traces d’iode.

Valeurs nutritionnelles – Composition / 3 comprimés :

Glucosamine HCL ………………1126 mg

Chondroïtine sulfate ………….. 150 mg

MSM …………………………….. 225 mg

Extrait d’Harpagophytum …….. 146 mg

Reine des prés …………………. 124 mg

Cassis (feuille) …………………. 102 mg

Extrait de Bambou ……………… 102 mg

dont silice …………………………41 mg

Calcium …………………………. 134 mg ..16,8% VNR*

Manganèse……………………….2,6 mg …130% VNR*

Cuivre …………………………….1,5 mg …150% VNR*

*VNR = Valeurs Nutritionnelles de Référence.

Conseils d’utilisation: 3 comprimés en 1 prise avec un grand verre d’eau de préférence le matin au cours du petit déjeuner.

 

Le Tribulus terrestris au-delà du mythe

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Par Alex, MuscleXperience team 

Si un supplément à base d’extraits végétaux à fait couler beaucoup d’encre, alimenté bien des débats sur la toile et dans les publications spécialisées et nourri les espoirs (souvent déçus) de milliers de jeunes athlètes en quête de quelques nanomoles de testostérone supplémentaires, c’est bien le Tribulus terrestris. La Tribule terrestre, également appelée « Croix-de-Malte » (en raison de sa forme, les cinq carpelles dotés d’épines évoquant les cinq branches de la croix de Malte) ou puncture vine en anglais est une plante annuelle à fleurs jaunes appartenant à la famille des Zygophyllaceae. Son fruit (utilisé dans les préparations commercialisées comme stimulateurs hormonaux) de forme étoilée est une capsule portant des épines pouvant se planter ou s’accrocher notamment au pelage d’animaux assurant ainsi leur dissémination.

Elle est présente dans de nombreuses régions chaudes du globe, dans le bassin méditerranéen, en Inde, au Pakistan, en Australie, et en Europe centrale et orientale, notamment en Bulgarie, pays qui a donné au Tribulus ses lettres de noblesses contemporaines en raison des performances réalisées par les haltérophiles bulgares  dans les années 1980 attribuées à la consommation  de ce végétal.

En réalité, le Tribulus terrestris fait l’objet d’une utilisation traditionnelle dans plusieurs régions du monde, notamment en Chine et Inde puisqu’il est utilisé dans la médecine ayurvédique, qui le désigne sous le nom de Gokhshura, en langue sanskrite.

On retrouve le Tribulus terrestris dans nombre de médecines traditionnelles à travers le globe, dans le bassin méditerranéen, dans la médecine chinoise, en Inde… On lui a reconnu ou attribué au fil des âges de multiples bienfaits : il serait diurétique, analgésique, antiinflammatoire, antibactérien, et bien évidemment  aphrodisiaque.

Se basant sur cette réputation, l’industrie des suppléments alimentaires a fait main basse sur le Tribulus en le présentant comme un stimulateur de l’hormone mâle testostérone et donc comme un ergogène légèrement anabolisant.  L’extrait de Tribulus serait ainsi capable de stimuler la libido, la quantité de testostérone circulant, la spermatogénèse et la fonction érectile. Le mythe des haltérophiles bulgares qui auraient consommé de l’extrait de Tribulus dans les années 70 et 80, ce qui leur aurait permis de battre tous les records à l’époque, a évidemment activement contribué à alimenter la légende et à populariser le TRIBESTAN, élaboré à partir de Tribulus bulgare. C’était avant que des tests anti-dopage ne mettent en lumière les pratiques de ces sportifs, et que l’on découvre qu’ils n’utilisaient pas que du Tribulus pour se stimuler, ce qui valut à la sélection nationale olympique bulgare d’haltérophilie d’être exclue des jeux de Pékin en 2008.

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Composition phytochimique du Tribulus terrestris : les saponines

Le Tribulus terrestris comprend un grand nombre de phytoconstituants dont des saponines, des flavonoïdes, des alcaloïdes, des phytostérols, des sucres des acides etc. Pour promouvoir leurs extraits de Tribulus, les marques de nutrition sportive affichent souvent fièrement le taux de saponines, alors que le Tribulus en contient une myriade : les fameuses protodioscin et prototribestin, mais également les TerrestrosinsA-E,terrestrosins F-K, neotigogenin, desgalctotigonin, F-gitonin, ruscogenin, desglucolanatigonin, gitonin, diosgenin, hecogenin, chlorogenin, Tribulosaponin A-E, Isoterrestrosin-B et 25-D spirosta-3,5 diene.

Ces saponines sont inégalement réparties entre les fruits, les racines et les feuilles et fleurs du Tribulus terrestris. Elles sont les principes actifs de la plante, ce qui explique que le taux de saponines (saponines dites stéroïdiennes car leur structure ressemble à celles de hormones stéroïdes), et en particulier de protodioscin soit souvent mis en avant par les marques de nutrition sportive commercialisant des extraits de Tribulus.

Une composition phytochimique très variable

On lit souvent que le Tribulus terrestris le plus efficace serait celui récolté en Bulgarie. Nous l’avons vu plus haut, cela tient en grande partie au mythe entourant cette plante. Il est cependant exact que tous les extraits de Tribulus ne se valent pas, ou du moins que leur composition diffère selon leur lieu d’origine. Une étude menée en 2008 sur des échantillons collectés en Bulgarie, Grèce, Serbie, Macédoine, Turquie, Géorgie, Iran, Inde et Vietnam a ainsi révélé que s’ils contenaient tous les saponines protodioscin , prototribestin, pseudoprotodioscin, dioscin, tribestin et tribulosin, les taux de protodioscin et de prototribestin étaient les composants majoritaires de tous exceptés les échantillons vietnamiens et indiens : leur composition en terme quantitatifs était totalement différente[1].

Les allégations entourant le Tribulus terrestris : effets supposés et effets avérés

Le Tribulus terrestris est une plante ayant fait l’objet d’une myriade d’études, ses effets sont donc bien documentés, même si ses mécanismes d’action échappent encore pour la plupart à la communauté scientifique. Les seules études disponibles pendant des années et qui ont contribué à bâtir la sulfureuse réputation du Tribulus sont quelques études menées en Bulgarie au début des années 1980[2,3,4], et portant plus spécifiquement sur la préparation TRIBESTAN, produite justement par une firme bulgare à cette époque.

Depuis le panel d’études s’est étoffé. Certaines vertus de cette plante se confirment, comme ses  propriétés cardiotoniques, anti-inflammatoires et antibactériennes qui ont été validées. Certains de ces composants sont en outre de puissants antioxydants.

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En ce qui concerne la capacité à stimuler la production d’hormones androgènes, les résultats sont plus contrastés. Alors que certains essais menés sur des animaux (singes, lapins) concluent à une augmentation significative de la production hormones stéroïdes (testostérone, dihydrotestostérone mais aussi DHEA) consécutive à un traitement avec un extrait de Tribulus (7,5g/kg)[5], d’autres ont infirmé l’hypothèse que le Tribulus terrestris était à même de stimuler le système endocrinien et le taux d’androgènes circulants[6]. Plusieurs études menées cette fois sur des hommes en bonnes santé (en particulier sur des sportifs) sont également arrivées à la conclusion que le Tribulus n’avait tout simplement pas d’effet hormonal[7,8].

Paradoxalement, si les résultats concernant la production hormonale sont contrastés, ils le sont beaucoup moins concernant les propriétés « aphrodisiaques » de ce végétal : de multiples études menées sur des animaux ont montré une tendance plus importante des animaux traités avec des extraits de Tribulus terrestris[9] à s’accoupler. Ces vertus aphrodisiaques quasi légendaires du Tribulus n’auraient donc pas d’origine hormonale, sans être pour autant infondées[10].

Un cas intéressant évoqué dans l’International journal of impotence research (journal international de la recherche sur la dysfonction érectile) fin 2015 peut nous éclairer sur ce point : l’article relate le cas d’un homme de 36 ans ayant expérimenté un priapisme de 72h suite à l’ingestion d’un supplément contenant un extrait de Tribulus terrestris. Le Tribulus aurait donc un effet sur la relaxation des fibres musculaires lisses des corps caverneux de la verge et la production d’oxyde nitrique (NO) au niveau de leur endothélium.

Effets secondaires :

Les éléments évoquant une possible toxicité de l’extrait de Tribulus terrestris sont rares. Néanmoins, une atteinte hépatique et rénale a été reportée chez un jeune homme ayant consommé des doses importantes de Tribulus durant deux jours dans le but de prévenir la formation de calculs rénaux. Chez la souris, un dosage de 813mg par kilo a été identifié comme toxique, et des dommages, notamment hépatiques rénaux et cardiaques,  ont également été mis en évidence chez le mouton et la chèvre avec des prises alimentaires composées majoritairement de Tribulus terrestris. Pour l’homme en bonne santé, on recommandera simplement de ne pas se nourrir exclusivement de Tribulus et de se contenter des quelques grammes généralement recommandés…

Conclusion :

En l’état actuel des connaissances sur le Tribulus terrestris, cet extrait végétal mérite-t-il que l’on s’intéresse autant à lui ?  En fait, la réponse dépend avant tout de ce que l’on en attend. Si vous consommez un extrait de Tribulus sans prendre aucun recul sur les promesses que certaines marques de suppléments vous font, ou que vous vous imaginez prendre plusieurs kilos de muscle sec et veineux suite à une petite cure, il est évident que vos attentes sont irréalistes. J’ose croire que les lecteurs de MuscleXperience sont des lecteurs avertis, par conséquent cela ne devrait pas être votre cas. Si en revanche vous voulez grappiller un petit regain d’énergie, renforcer votre tonus, réduire la durée et améliorer votre récupération, vous devriez peut-être y réfléchir à deux fois avant de reléguer le Tribulus terrestris aux oubliettes. Non, aucun extrait, aussi standardisé et qualitatif soit-il, ne vous donnera des résultats approchant même de très loin ceux de stéroïdes anabolisants. Par contre, le Tribulus peut être une composante intéressante d’un stack naturel vous permettant d’améliorer votre physique, d’accroître votre force et votre vigueur sexuelle, les effets positifs sur la fonction érectile étant avérés. En outre, sa qualité de plante « adaptogène » (qu’il partage avec notamment avec le Panax ginseng, la Rhodiola rosea, l’Astragalus membranaceus, pour ne citer qu’eux car ils sont fort nombreux dans le règne végétal) le rend susceptible d’améliorer la réponse de l’organisme aux divers stress auxquels il peut être exposé, même si d’aucuns jugent le concept d’ »adapotogène » aujourd’hui obsolète.

Le Tribulus terrestris pourrait donc être un véritable atout pour l’athlète (ou l’amant) naturel en quête de performance. Encore faut-il pour cela sélectionner le produit adéquat, et ici la tâche est rude car chaque marque commercialise son extrait de Tribulus ou son « test booster » en contenant.

Pour limiter les risques d’erreurs, je recommande aux utilisateurs d’être vigilants concernant la qualité du produit : si le prix est souvent un indicateur à prendre en compte, la notoriété d’une marque ne doit pas être le (seul) critère à prendre en considération. En effet, dans le cas d’un supplément contenant un ou plusieurs extraits végétaux, les risques de contamination voire de substitution par un autre extrait existent. Dans le cas du Tribulus terrestris, la substitution par les fruits d’une autre plante sont fréquentes. Dans certains cas cela pourra se traduire par des effets positifs sur le taux de testostérone et donc sur la force et la libido (si l’on a substitué au fruit du Tribulus terrestrisChota Gokhru en médecine ayurvédique – celui du Pedalium MurexBada Gokhru, qui aurait un effet prononcé sur la production d’hormones androgènes et la fonction érectile), dans d’autres par une absence de résultats, voire par des effets secondaires néfastes. En outre, il est certain que la contamination volontaire de certains suppléments contenant du Tribulus par des substances dopantes illicites notamment dans les années 1990 a contribué à sa « légende ». Dans tous les cas, il n’est jamais anodin de consommer un produit dont on ignore la composition exacte.

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Dans le cas du Tribulus, nous l’avons vu plus haut, le taux de saponines et en particulier celui de protodioscin est primordial dans la qualité de l’extrait. Or l’on sait que celui-ci est très variable d’un extrait à l’autre, la composition et la concentration de telle ou telle saponine variant considérablement selon l’origine géographique de la matière première. Ainsi, les extraits récoltés en Europe centrale (Bulgarie, Macédoine) mais aussi en Turquie affichent des taux de protodioscin plus élevés que ceux provenant d’Asie. A contrario, les Tribulus asiatiques connaîtront des taux d’autres saponines plus élevés que les échantillons européens.

Plusieurs experts recommandent logiquement de sélectionner en priorité les extraits végétaux  provenant d’Europe centrale.  C’est oublier qu’à lors actuelle nous en savons encore bien peu sur les mécanismes d’action du Tribulus, et mon expérience m’oblige à tempérer ces doctes conseils : pour avoir essayé quantité d’extraits de toutes provenances, je peux affirmer que certains parmi les plus efficaces sur moi étaient d’origine indienne.  En revanche, j’ai pu tester des échantillons que l’on me présentait comme bulgares, et auxquels je n’ai absolument pas réagi. Par conséquent, au regard du faible coût de ce supplément, n’hésitez pas à essayer plusieurs références (en privilégiant néanmoins les extraits purs et de qualité) pour identifier celle(s) qui vous convien(nent) le mieux. Peut-être ne répondrez-vous pas du tout à ses effets, d’où qu’il vienne, ce qui est le cas de certains pratiquants avec lesquels j’ai l’occasion d’échanger. En sélectionnant un extrait de Tribulus standardisé au moins à 45% de saponines, dont 5/6% de protodioscin, vous mettrez toutes les chances de votre côté.

Des effets somme toute assez aléatoires, une réputation sulfureuse souvent usurpée, mais également beaucoup de promesses et des perspectives intéressantes. Le Tribulus terrestris vaut-il la peine d’être essayé sur le moyen terme par l’athlète naturel soucieux d’améliorer son bien-être et sa condition physique ? Pour moi la réponse est positive. Ayez simplement des attentes réalistes, et sélectionnez avec soin le produit choisi ; et n’allez surtout pas croire que ses bienfaits sont réservés aux hommes, les femmes pouvant également expérimenter des effets bénéfiques sur leur forme et sur leur vie sexuelle. Pourquoi s’en priver ?


[1] Distribution of steroidal saponins in Tribulus terrestris from different geographical regions, Dinchev D, Janda B, Evstatieva L, Oleszek W, Aslani MR, Kostova I., Phytochemistry. 2008 Jan;69(1):176-86. Epub 2007 Aug 23.

[2] Tribestan effect on the concentration of some hormones in the serum of healthy volunteers, Milanov S et al., Med-Biol Inf, 1985;4:27-9

[3] The effect of the preparation Tribestan on the plasma concentration of testosterone and spermatogenesis of lambs and rams, Georgiev P et al, Vet Sb, 1988;3:20-22

[4] tribestan : experimental and clinical investigations, Zakkova S, Chemical Pharmaceutical Research Institute, Sofia, 1983.

[5] Gauthaman and Ganesan, 2008

[6] Effects of Tribulus terrestris on endocrine sensitive organs in male and female Wistar rats. Martino-Andrade AJ, Morais RN, Spercoski KM, Rossi SC, Vechi MF,  Golin M, Lombardi NF, Greca CS, Dalsenter PR. J Ethnopharmacol. 2010 Jan 8;127(1):165-70. doi: 10.1016/j.jep.2009.09.031. Epub 2009 Sep 23.

[7] Street C, Antonio J, Scally MC. The Effects of Tribulus Terrestis on Endocrine Status in Recreational BodyBuilders – A Preliminary Report. Medicine and Science in Sports and Exercise 2000 Suppl;32(5).

[8] Neychev VK, Mitev VI. The aphrodisiac herb Tribulus terrestris does not influence the androgen production in young men. J Ethnopharmacol 2005;101(1-3):319-23.

[9] Priapism caused by « Tribulus terrestris », Campanelli M et al. International journal of impotence research 2016 January –  February.

[10] Effects and Mechanism of Action of a Tribulus terrestris Extract on Penile Erection, Jungmo Do , Seemin Choi, Jaehwi Choi, Jae Seog Hyun, in Korean journal of urology 54(3):183-8 · March 2013.