Mon avis sur: GOLD STANDARD PRE-WORKOUT

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Marque: OPTIMUM NUTRITION

Les formules pré-entraînement ou « preworkout » ont leurs adeptes comme leurs détracteurs. Le fait de rejeter en bloc le fait de prendre une formule mêlant plusieurs ingrédients susceptibles d’influer positivement sur la performance, au motif que les athlètes « à l’ancienne » faisaient sans et qu’il existerait une accoutumance à ce genre de produits, est un non-sens. Il n’y a rien de valorisant et de glorieux à se targuer de s’entraîner à l’eau claire alors que d’autres utilisent la potion magique (je parle de suppléments pas d’autre chose), c’est du même niveau que les Gaulois qui allaient au combat torse nu voire carrément nus de la tête aux pieds pour prouver à leurs adversaires et à leurs dieux qu’ils n’avaient peur de rien[1]. C’était sans doute courageux, et il vaut effectivement mieux ne rien porter plutôt que de porter un pantalon trop moulant (ce qui comprime les testicules et nuit à la fertilité), pour autant ils ont été vaincus par les légions romaines arborant des cuirasses conçues pour protéger les soldats. À la salle comme sur le champ de bataille, l’avantage est à celui qui est le mieux préparé.

Catégorie de suppléments très à la mode depuis quelques années, elle voit fleurir régulièrement sur les étagères des boutiques de nutritions les noms les plus effrayants (« The curse », soit « la malédiction », de Cobra labs, « Massacra », de Olimp, « Poison » de TF7 LABS), les packagings les plus extrêmes, les formules les plus « à la limite de la légalité ». Au milieu de cette débauche de marketing racoleur, la sobriété de GOLD STANDARD PRE-WORKOUT est presque rafraîchissante. Let’s try it!

Mon avis: 

GOLD STANDARD PRE-WORKOUT est un produit composé de manière simple et efficace à la fois. Sa formule comprend une matrice d’acides aminés, un alcaloïde (caféine), des vitamines et des extraits végétaux.

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Pour les acides aminés, OPTIMUM NUTRITION a mêlé L-Tyrosine (précurseur des catécholamines adrénaline/ épinéphrine, noradrénaline/norépinephrine, dopamine, qui jouent le rôle de neurotransmetteur – 135mg par dose), créatine monohydrate (sous forme de creapure, 1600mg par dose), de la bêta-alanine sous forme de CarnoSyn®, ainsi que de la L-Citrulline et de la L-Carnitine. Le tout est complété par un complexe de vitamines du groupe B (B1, B5, B6, B9, B12), de la vitamine D en petite quantité (2,7 µg par dose), ainsi que par des bioflavonoïdes de pamplemousse (extraits des pépins de pamplemousse, on leur connaît de très nombreuses propriétés bénéfiques pour l’organisme, à commencer par leur action antioxydante. Ils peuvent être contre indiqués si vous suivez un traitement médicamenteux car ils peuvent altérer les propriétés de certains principes actifs) et de l’extrait de Panax notoginseng, une variété de ginseng utilisée en médecine chinoise notamment pour améliorer la santé cardiovasculaire. Certaines études suggèrent également que l’extrait de notoginseng serait à même de soutenir voire d’améliorer les performances athlétiques, mais avec des dosages sans commune mesure avec ce qui est utilisé par OPTIMUM NUTRITION dans son GOLD STANDARD PRE-WORKOUT (plus d’un gramme par jour, contre seulement 25mg dans GOLD STANDARD PRE-WORKOUT).

L’assemblage a du sens, on y retrouve des acides aminés agissant directement sur la performance: la tyrosine pour soutenir le système nerveux, la bêta-Alanine dont la supplémentation provoque un accroissement de carnosine dans les muscles (ce peptide ayant la capacité de faire baisser le pH au sein des cellules musculaires, et donc de réduire l’acidité des muscles), la L-Citrulline, ingrédient incontournable dans une formule pré-entraînement, susceptible de retarder l’apparition de la fatigue et d’augmenter les niveaux sanguins d’arginine et donc d’oxyde nitrique, et enfin la L-Carnitine, surtout plébiscité pour sa fonction de transport des acides gras du cytosol vers les mitochondries dans le cadre du métabolisme énergétique. L’ajout de créatine est toujours une bonne idée dans une formule pré-entraînement, même si cette utilisation est parfois décriée car elle serait susceptible de provoquer de l’hypoglycémie, dont je n’ai pour ma part jamais fait l’expérience. En revanche, l’augmentation du taux de phosphocréatine consécutive à cette supplémentation, et donc l’accélération de la resynthèse de l’ATP (adénosine triphosphate), sont eux bien réels.

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Quant aux vitamines du groupe B, elles sont également impliquées dans le métabolisme énergétique et le fonctionnement du système nerveux, les ajouter à une telle formule est donc cohérent.

Conclusion:

GOLD STANDARD PRE WORKOUT est un produit formulé avec soin, dont le principal point fort est de ne contenir (pratiquement) que des composants utiles et notoirement efficaces. Sur les garanties en matière de procédés de fabrication, même si ce n’est pas indiqué sur l’emballage (très soigné soit dit en passant), on peut supposer que GOLD STANDARD PRE-WORKOUT est produit dans une installation répondant aux normes HACCP, et OPTIMUM NUTRITION nous précise même que GOLD STANDARD-PRE WORKOUT est testé et certifié « antidopage », c’est à dire qu’il ne contient pas de substance interdite (ça vous rassure beaucoup j’en suis sûr, c’est le genre de certification qui ne sert pas à grand-chose mais qui fait toujours bien sûr une étiquette).

Pour les points faibles, il y en a un de taille … c’est le sous dosage des ingrédients. En effet, GOLD STANDARD PRE-WORKOUT peut apparaître à première vue comme étant une bonne affaire: disponible aux alentours de 20€ (19,90€ pour l’une des plus grande chaîne de magasins de nutrition sportive en France) pour un pot de 330g. Dans l’absolu, cela en fait l’un des moins chers de cette catégorie, mais pas si l’on regarde le prix au kilogramme. En outre, et c’est là où le bât blesse, la totalité des ingrédients, hormis la caféine et peut être la créatine, sont sous dosés: pour une dose recommandée de 6g, OPTIMUM NUTRITION nous met 0,8 de Bêta-alanine, alors que la dose efficace tourne autour de 3g. Concernant la tyrosine, alors que la dose efficace avoisine les 1g, OPTIMUM NUTRITION nous en met généreusement 0,135g par dose. Cela vaut également pour la Citrulline (800mg, alors qu’il en faudrait trois fois plus) et évidemment pour la L-Carnitine, dont la présence est ici avant tout cosmétique (205mg pour une dose de 6g de GOLD STANDARD PRE-WORKOUT).

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Lors de mon test, j’ai fait ce que tout utilisateur exigeant ferait, j’ai forcé la dose, c’est à dire que je l’ai doublée voire triplée. Et j’avoue qu’à partir de deux dosettes pleines, les sensations en matière de congestion et de concentration sont au rendez-vous; pas féroces comme c’est le cas avec d’autres produits concurrents, mais néanmoins correcte. En revanche, à ce régime, GOLD STANDARD PRE-WORKOUT n’est plus si bon marché…

GOLD STANDARD PRE-WORKOUT est disponible en trois parfums, pastèque, « fruit punch », et pomme verte. J’ai eu l’occasion de tester les deux derniers, plutôt agréables et convaincants.

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Au final, je dirais que GOLD STANDARD PRE-WORKOUT est plutôt un bon produit, à condition d’avoir la main lourde pour le dosage. Pour les amateurs de sensations fortes ou pour les athlètes cherchant vraiment à améliorer leurs performances au moyen d’ergogènes parfaitement dosés, des alternatives existent.

 

NOTE: 6,5/10

 

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Composition et valeurs nutritionnelles:

 

Complément alimentaire prêt au mélange avec acides aminés, caféine et vitamines avec édulcorants. Haute teneur en caféine (95 mg par portion).

Valeurs nutritives pour 6 g
Energie  62,85 kJ / 15 kcal
Niacine (Vitamine B3 / PP) 9,3 mg (58 % )
Acide Pantothénique (Vitamine B5) 5,5 mg (92 % )
Vitamine B6 1,1 mg (79 % )
Thiamine (Vitamine B1) 1,1 mg (100 % )
Acide folique (Vitamine B9) 109 µg (54 % )
Vitamine B12 4,9 µg (196 % )
Vitamine D 2,7 µg (54 % )
Composition pour 6 g
L-Tyrosine 0,135 g
Créatine 1600 mg
L-Alanine 0,8 g
L-Citrulline 800 mg
L-Carnitine 205 mg
Caféine 95 mg

Ingrédients :

Créatine monohydratée 1,9 g, acides aminés 1,8 g (L-citrulline, bêta-alanine sous forme de CarnoSyn®, N-acétyl L-tyrosine), régulateurs d’acidité (acide citrique, acide malique, acide tartarique), arômes, L-carnitine, vitamines (chlorhydrate de pyridoxine, nicotinamide, D-pantothénate de calcium, cyanocobalamine, chlorhydrate de thiamine, cholécalciférol, acide ptéroylmonoglutamique), colorants (rouge de betterave, bêta-carotène, curcumine), complexe bioflavonoïde de pamplemousse 25 mg, caféine naturelle, épaississants (gomme de cellulose, gomme xanthane, carraghénane), agents anti-agglomérants (dioxyde de silicium, silicate de calcium), édulcorants (sucralose, acésulfame K), poudre d’extrait de racine de Panax notoginseng 25 mg, pour 6 g de produit.

Infos Allergènes : Peut contenir du lait, soja, gluten, œuf, noix et cacahuètes.

[1] L’historien grec Polybe (vers 205-126 avant J.-C.) en donne un bel exemple dans une description – de seconde main – de la bataille de Télamon, en 225 avant J.-C. « L’aspect de l’armée gauloise et le bruit qui s’y faisait glaçaient (les Romains) d’épouvante, écrit-il. Le nombre des cors et des trompettes était incalculable (…). Une chose non moins effrayante, c’était l’apparence et les mouvements des hommes nus placés au premier rang : ils étaient tous d’une force et d’une beauté extraordinaires, tous parés de colliers et de bracelets en or. »

 

La vérité sur l’arginine dans les suppléments pré-entraînement

Par Alex Rees, MuscleXperience team

Un rapide coup d’œil sur la composition des dix vasodilatateurs/boosters d’oxyde nitrique pré-entrainement (« preworkout ») les plus vendus vous confirmera ce que vous savez surement déjà : l’acide aminé arginine est l’ingrédient incontournable de ces formules censées améliorer la congestion et fournir un surcroît d’énergie aux adeptes de la fonte. Cet acide aminé protéinogène considérée comme non essentiel chez l’homme peut être produit par le corps humain, en quantité possiblement insuffisante par l’organisme selon l’état de santé des individus, d’où un nécessaire apport alimentaire. Son utilisation dans les formules pré-entraînement remonte au temps glorieux des premiers prototypes de cette catégorie de suppléments qui aujourd’hui domine l’industrie de la nutrition sportive, c’est-à-dire au début des années 2000 (Si ma mémoire est bonne, la première version du NO-XPLODE de BSN est sortie en 2005). Les bodybuilders n’avaient pas attendu BSN pour se supplémenter en L-arginine, utilisée de longue date pour ses effets supposés sur la sécrétion d’hormone de croissance endogène. Aussi, ceux qui ont un peu de vécu derrière eux ont-ils pu connaître la bonne vieille arginine Veyron en ampoules, bien chargées en saccharose (l’arôme caramel était plutôt réussi), que l’on achetait à l’époque en pharmacie.

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Avant l’arrivée fracassante de NO-XPLODE sur le marché, les suppléments pré-entrainements étaient inexistants, et l’arginine était principalement utilisée avant le coucher sur un estomac vide (ce qui était censé favoriser une plongée plus rapide dans la phase de sommeil profond, et donc la sécrétion d’hormone de croissance) ainsi qu’au réveil, à jeun.

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Avec l’arrivée des vasodilatateurs dans l’industrie de la nutrition sportive, il a fallu trouver des ingrédients capables d’augmenter la sensation de congestion, et donc le niveau d’oxyde nitrique dans le sang, ce dernier étant responsable de la dilatation des vaisseaux sanguins. L’acide aminé arginine étant converti dans ces vaisseaux par l’enzyme (oxydoréductase si l’on veut être précis) oxyde nitrique synthase (NOS) en oxyde nitrique (ou monoxyde d’azote), il était logique de penser qu’une supplémentation en arginine ferait drastiquement grimper le taux d’oxyde nitrique et nous offrirait un « pump » sans égal.

Ce ne fut pas tout à fait vrai, en partie puisque l’arginine, du moins sous la forme L-arginine chlorohydrate, est très mal assimilée par l’organisme, d’abord au niveau de l’estomac, puis au niveau des intestins. Les marques de nutrition ont donc sorti progressivement de multiples formes d’arginine, arginine alpha cétoglutarate (AAKG), Arginine ethyl ester (censée avoir une meilleure disponibilité), et récemment l’arginine nitrate, à laquelle j’ai consacré un article (Mon avis sur : TESTED ARGININE NITRATE). Si certaines de ces nouvelles formes d’arginine sont effectivement plus assimilables, l’impact véritable de l’ingestion d’arginine sur la production d’oxyde nitrique semble être limité, certaines études ont même conclu à un résultat nul[1], que ce soit sur l’augmentation de l’afflux sanguin ou sur celle de la synthèse protéique. D’autres ont conclu à des résultats plus nuancés[2].

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On a vu précédemment que l’arginine est aussi utilisée en sa qualité de secretagogue naturel de l’hormone de croissance. Elle était utilisée au coucher et/ou au réveil, mais la mode est aux « preworkouts ». Le marketing nous dit donc que consommer de l’arginine avant l’entrainement créerait un environnement hormonal intéressant pour la construction musculaire. Qu’en est-il vraiment ?

Je vais casser l’ambiance: chez les sujets jeunes comme âgés, l’administration par voie oral d’arginine avant ou pendant l’entrainement n’augmente pas la sécrétion d’hormone de croissance induite par l’exercice[3]. C’est un lieu commun, mais une fois encore la nature est bien faite : après un exercice physique intense, l’hypophyse produit un pic d’hormone de croissance, qui participe à un environnement favorable à la récupération musculaire. Une étude publiée en 1999 dans The journals of gerontology. Series A, Biological sciences and medical sciences, Gerontological Society of America a ainsi montré que l’ingestion d’arginine n’amplifiait pas ce pic naturel, et semblait même interférer avec lui. Cela a été confirmé quelques années plus tard, et si la consommation d’arginine après une séance de musculation (ou d’un autre sport) est susceptible d’élever le niveau d’hormone de croissance et d’IGF1[4], avant la séance c’est l’inverse qui se produit. C’est scientifiquement prouvé, la prise d’arginine avant un exercice physique affecte négativement la production naturelle d’hormone de croissance qui intervient post exercice[5]. L’on parle ici d’une baisse conséquente, puisque dans l’étude publiée dans le très sérieux International journal of sport nutrition and exercise metabolism en 2014, l’ingestion de 6g d’arginine par des athlètes entraînés avant un entraînement en résistance a fait chuter les niveaux d’hormone de croissance et d’IGF1 de … 41%.

Cela n’empêche pas le marché d’être inondé de formules pré-entraînement incluant de l’arginine : Arginine X-PLODE (WEIDER), PUMP SERUM (PEAK NUTRITION), EPIC PUMP (encore PEAK – contient 6 000 mg de L-Arginine AKG et 2,000 mg de nitrate de L-arginine par portion !), HOT BLOOD (SCITEC NUTRITION), les différentes versions du C4 (CELLUCOR), ANIMAL PUMP (UNIVERSAL)… La liste est interminable.

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En prenant ces produits avant une séance, vous troquez votre si précieuse et si rare hormone de croissance endogène contre une congestion certes agréable et gratifiante mais aussi éphémère, et vous compromettez votre récupération. L’arginine peut tout à fait avoir sa place dans votre programme de supplémentation, mais est à exclure avant l’exercice : dans une optique de gain musculaire à long terme, et à moins de disposer d’hormone de croissance synthétique, mieux vaut bannir définitivement de votre arsenal les preworkouts contenant de l’arginine, quelle que soit sa forme.

 

Alex REES, le 08/04/2018

 

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[1] Tang JE, Lysecki PJ, Manolakos JJ, MacDonald MJ, Tarnopolsky MA, Phillips SM., Bolus arginine supplementation affects neither muscle blood flow nor muscle protein synthesis in young men at rest or after resistance exercise, J Nutr. 2011 Feb;141(2):195-200. doi: 10.3945/jn.110.130138. Epub 2010 Dec 29.

[2] Alvares TS, Conte CA, Paschoalin VM, Silva JT, Meirelles Cde M, Bhambhani YN, Gomes PS, Acute l-arginine supplementation increases muscle blood volume but not strength performance, Appl Physiol Nutr Metab. 2012 Feb;37(1):115-26. doi: 10.1139/h11-144. Epub 2012 Jan 17.

[3] Marcell TJ, Taaffe DR, Hawkins SA, Tarpenning KM, Pyka G, Kohlmeier L, Wiswell RA, Marcus R., Oral arginine does not stimulate basal or augment exercise-induced GH secretion in either young or old adults, J Gerontol A Biol Sci Med Sci. 1999 Aug;54(8):M395-9.

[4] Zajac A, Poprzecki S, Zebrowska A, Chalimoniuk M, Langfort J. Arginine and ornithine supplementation increases growth hormone and insulin-like growth factor-1 serum levels after heavy-resistance exercise in strength-trained athletes, J Strength Cond Res. 2010 Apr;24(4):1082-90.

[5] Forbes SC, Harber V, Bell GJ., Oral L-arginine before resistance exercise blunts growth hormone in strength trained males, Int J Sport Nutr Exerc Metab. 2014 Apr;24(2):236-44. doi: 10.1123/ijsnem.2013-0106. Epub 2013 Nov 13.

Mon avis sur : TESTED ARGININE NITRATE

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Marque : TESTED NUTRITION

Par Alex, MuscleXperienceteam

Pour nous autres piliers de salle, il existe une quête mystique, quasi sacrée, que Saint-Arnold comparaît autrefois à l’orgasme : la congestion. Pour l’atteindre et la maximiser, je suis évidemment toujours à l’affût des dernières nouveautés en matière de suppléments, et il se trouve qu’une nouvelle venue a récemment fait son entrée sur scène : l’arginine nitrate.

Pour tester ce composé fraichement débarqué dans les magasins de nutrition sportive, j’ai opté pour l’arginine nitrate de la marque canadienne TESTED NUTRITION, qui m’avait plutôt séduit avec quelques-unes de ses références, notamment TESTED ANTI-ESTRO. La marque cherche à se démarquer en proposant des formules simples, ne comptant le plus souvent qu’un ingrédient et dosé de manière optimale, et c’est le cas pour TESTED ARGININE NITRATE. 500mg d’arginine nitrate par capsule, et rien d’autre. Let’s try it !

La supplémentation en L-arginine est bien connue des adeptes de la musculation et du fitness cherchant à accroître la vasodilatation en stimulant la production d’oxyde nitrique (également appelé monoxyde d’azote ou oxyde azotique, de formule NO). L’arginine est en effet impliquée dans la production d’oxyde nitrique dans une réaction catalisée par l’enzyme oxyde nitrique synthase. Se supplémenter en arginine avait donc du sens, mais plusieurs études datant de quelques années maintenant sont venues contredire cette séduisante perspective : une supplémentation accrue en L-arginine n’entraînerait pas d’augmentation du taux d’oxyde nitrique chez l’être humain. Qu’est ce qu’on a pu en absorber, pourtant, via tous ces boosters de NO vendus à grand coup de photos d’athlètes aux physiques striés et veineux… Mais rassurons-nous, le débat n’est pas encore tranché, et l’arginine présente bien d’autres vertus, notamment la capacité d’augmenter, certes modestement, la production d’hormone de croissance.

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Revenons à nos moutons : TESTED ARGININE NITRATE. De formule C6H15N5O5 , l’arginine nitrate comprend une molécule de l’acide aminé arginine et un groupe nitrate, reliés par une liaison hydrogène.

L’utilisation des nitrates (NO3) dans la supplémentation sportive est relativement récente. Si une avalanche de suppléments intègrent l’arginine nitrate à leurs formules (Chrome NO3 de Cellucor, YOK3D, de USP Labs, Ritual de ANS…), il ne semble pas que ce soit le « netx big thing » de l’industrie du fitness . Des travaux ont cependant montré un effet ergogénique potentiel, notamment sur les fibres musculaires de type II (fibres rapides dites « blanches ») des athlètes réalisant des efforts de forte intensité, comme les sports de force dont la musculation1.

La supplémentation en nitrates serait particulièrement bénéfique quand les niveaux d’oxygène sont bas ou moyens, et pourrait contribuer à mieux « rentabiliser » l’oxygène utilisé pendant par le sportif pendant l’effort. En effet, j’ai remarqué que durant les séances où j’ai utilisé TESTED ARGININE NITRATE, je n’ai ressenti une amélioration de la congestion « normale » qu’en milieu voire en fin de séance, ce qui est peut-être dû à la baisse des niveaux d’oxygène consécutive à l’effort.

Les marques qui commercialisent l’arginine nitrate ou l’incluent dans leurs formules « preworkout » nous promettent ceci : un débit sanguin amélioré, une vasodilatation plus importante, un apport en nutriments augmenté, un aspect plus « veineux » et de manière générale une amélioration des performances physiques. Est-ce justifié ?

Mon ressenti :

Les gélules de TESTED ARGININE NITRATE sont dosées à 500mg. Lors de mes deux premières séances de test, à l’occasion desquelles j’ai travaillé les pectoraux, les bras et les jambes, j’ai pris deux gélules 30 minutes avant la séance, sans autre supplément pré-séance. Résultat ? Imperceptible.

Par la suite, j’ai opté pour le protocole suivant : deux gélules 30 minutes avant la séance, puis deux autres environ 20 minutes après le début de celle-ci. Je m’entraîne généralement une heure et demie, et en suivant ce mode opératoire j’ai bien ressenti un petit quelque chose au niveau du « pump ». un petit quelque chose donc rien de transcendant, et puisque j’ai utilisé TESTED ARGININE NITRATE seul, je n’ai pas ressenti les autres sensations procurées par un « booster » classique, énergie, renforcement de la concentration (caféine, tyrosine), paresthésie (bêta-alanine).

Pour finir ma boîte de 120 gélules, j’ai simplement ajouté TESTED ARGININE NITRATE à mon stack pré-entraînement. De bonnes sensations, de l’énergie et de la congestion à revendre, mais dans cette configuration difficile de connaître la part jouée par TESTED ARGININE NITRATE, sans compter que si cet ajout devait être durable, ce produit ne serait pas forcément rentable, puisque la boîte est vendue entre 20 et 25€ dans la plupart des boutiques de diététique sportive en ligne. A choisir entre un stack d’acides aminés classiques et TESTED ARGININE NITRATE, je choisis donc sans hésiter le premier.

Conclusion :

TESTED ARGININE NITRATE n’est pas un mauvais produit. Ce n’est pas non plus le phénomène tel qu’il est parfois présenté par certaines marques qui commercialisent la molécule, en tout cas pas à mon humble avis. Un simple petit mélange arginine AAKG ou L-arginine, citrulline malate et bêta-alanine reste bien moins onéreux, et beaucoup plus efficace. Si vous avez les moyens, vous pouvez, au moins pour tester, inclure un à deux grammes d’arginine nitrate à ce « combo » éprouvé, vos performances n’en seront certainement pas tirées vers le bas. Vous pouvez également fort bien vous en passer !

NOTE : 6/10

Ingrédients et valeurs nutritionnelles :

Informations nutritionnelles

Quantité de la portion: 2 gélules

Nombre de portions: 60

Par portion

Arginine nitrate 1000 mg

Ingrédients:

Arginine nitrate, Cellulose microcristalline, Stéarate de Magnésium, Gélatine, Eau

Instructions Tested Arginine Nitrate

Prendre deux capsules une à deux fois par jour.

 

Avertissement Tested Arginine Nitrate: Consultez un professionnel de santé avant de commencer un programme diététique ou physique. Ne convient pas aux personnes de moins de 18 ans. Garder hors de la portée des enfants. Stocker dans un endroit sec et frais. Ne pas utiliser si le bouchon de sécurité est cassé.

Ces données n’ont pas été évaluées par la FDA.

Ce produit n’est pas destiné à diagnostiquer, traiter, soigner ou prévenir quelques maladie que ce soit.

Arginine nitrate est un complément alimentaire.

1Jones, A.M. (2014) Influence of dietary nitrate on the physiological determinants of exercise performance: a critical review. Applied Physiology, Nutrition and Metabolism 39, 1019-1028