Bulbine Natalensis : le stimulateur de testostérone suprême ?

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La Bulbine natalensis est une plante vivace herbacée appartenant à la famille des Liliaceae selon la classification classique ou à celle des Asphodelaceae selon la classification phylogénétique. La  Bulbine natalensis est originaire d’Afrique du Sud, où le folklore local lui prête de longue date des propriétés intéressantes, notamment celle d’accroître la libido et la fertilité¹. Outre ces propriétés prétendument aphrodisiaques, on rapporte de possibles utilisations des feuilles de la Bulbine pour traiter des problèmes intestinaux ou les crises de rhumatisme. On la désigne sous le nom de ingcelwane en langue Xhosa,  rooiwortel en Afrikaans et ibhucu en langue Zoulou.

La bulbine natalensis contient différents composés phytochimiques dont des saponines, des anthraquinones, des alcaloïdes et des tanins. Les premières études menées sur ce végétal ont révélé un effet stimulateur de la sécrétion de testostérone chez le rat²³, ce qui n’a pas échappé à l’industrie de la supplémentation sportive, et quelques années plus tard les premiers boosters hormonaux contenant de la Bulbine natalensis ont vu le jour, dont Tropinol de Iforce Nutrition (qui avance pour ce produit une augmentation de la testostérone des sujets tests allant jusqu’à 323%) et Ultra Male Rx de IronMagLabs. Tous deux contiennent de la ProLensis, un extrait de Bulbine natalensis standardisé.

La Bulbine natalensis présente effectivement, en tout cas sur le papier, des arguments de poids pour être présenté comme LE nouveau composé végétal capable d’augmenter de manière significative la principale hormone sexuelle androgène: avec un dosage de 50mg par kilogramme de poids de corps, l’augmentation du niveau de testostérone des rats ayant reçu un extrait aqueux de tige de Bulbine natalensis au terme de l’une de ces études était de … 346%.

Au vu de ces chiffres impressionnants, on est en droit de se demander si la Bulbine natalensis est en passe de détrôner les autres extraits végétaux présentés comme stimulateurs des hormones androgènes et en particulier de la testostérone : le célèbre Tribulus terrestris (qui pousse un peu partout en Europe et ailleurs, même si les extraits originaires de certaines régions des Balkans et en particulier de Bulgarie sont plus réputés que d’autres), la Fadogia agrestis originaire du Niger où il fait également l’également l’objet d’une utilisation traditionnelle comme aphrodisiaque, ou encore le Lepidium meyenii Walpers (« maca ») originaire du Pérou.   

Parmi les composés phytochimiques présents dans la Bulbine natalensis ont été identifiés des saponines, des anthraquinones, des tanins, des alcaloïdes et des glycosides. Parmi ces composés, ceux qui sont impliqués dans les effets des extraits de Bulbine utilisés lors des études menées n’ont pas été identifiés. Nous avons évoqué l’incidence sur l’augmentation des niveaux de testostérone chez le rat. Ont également été mis en évidence une augmentation des taux d’hormone lutéinisante (Lutenizing Hormone  ou LH, qui stimule la production de testostérone par les cellules de Leydig dans les testicules) et d’hormone folliculo-stimulante (Follicle Stimulating Hormone ou FSH, qui stimule les cellules de Sertoli impliquées dans la spermatogénèse). Chez le rat mâle, la supplémentation en extrait de Bulbine natalensis (le dosage ayant eu l’effet le plus prononcé à cet égard étant 50mg par kilogramme de poids de corps) a également engendré une baisse significative du taux d’œstrogènes (uniquement chez les mâles ; pas d’effet sur les niveaux d’œstrogènes circulant chez les rats femelles). La dose de 50mg par kilo a également eu un effet anabolique et androgénique notable5. L’action stimulante de la Bulbine natalensis sur l’activité sexuelle ressort également de ces travaux, puisque les rats ayant reçu cet extrait à un dosage de 50mg par kilo se sont livrés à une activité sexuelle accrue durant ces essais (Ils ont « monté » les femelles plus souvent que le groupe ayant reçu du citrate de sildénafil, le principe actif du Viagra).  

Outre ces effets hormonaux encourageants des analyses ont évidemment été faites pour vérifier l’innocuité ou au contraire les effets nocifs de l‘extrait de Bulbine natalensis sur le rat. Les dosages de 25mg, 50mg et 100mg par kilogramme de poids de corps ont tous trois provoqué des atteintes hépatiques et rénales chez les rats les ayant ingérées6.

Un effet positif sur les niveaux d’hormones mâles, mais des effets délétères sur certains organes, c’est ce qui ressort des tests menés sur des rats en laboratoires. Mais qu’en est-il chez l’homme ?

La seule étude actuellement disponible menée sur des sujets humains ayant reçu deux doses journalières de 325mg de Bulbine natalensis espacées de six heures durant 28 jours n’a révélé aucun effet secondaire préoccupant, que ce soit au niveau des marqueurs hépatiques, rénaux, de l’augmentation du rythme cardiaque ou de la pression artérielle, ce qui conduit l’équipe ayant mené les recherches à conclure que selon ces données préliminaires l’extrait utilisé (en l’occurrence l’extrait standardisé ProLensis™) est aussi sûr que le placebo7. Les conclusions de l’étude font néanmoins état d’une augmentation « marginale » ((+2.0 IU/L, +3%) des phosphatases alcalines (PAL – enzymes dont les valeurs augmentent en cas de maladie du foie) dans le groupe Bulbine, ce qui laisse à penser que l’effet sur le foie n’a pas été anodin (l’étude n’a été menée que sur le cours terme : 28 jours).

Il convient de souligner que ladite étude a été en partie financée par la société Sports Nutrition Research LTD, qui produit elle-même un extrait de Bulbine natalensis.

Le manque actuel de données fiables sur cet extrait végétal apparemment prometteur commande évidemment la plus grande prudence. Il existe en outre sur le marché de la nutrition sportive de nombreuses alternatives légales et sûres qu’il s’agisse d’extraits végétaux ou de complexes alliant acides aminés, vitamines et minéraux. Je n’allais cependant pas écrire un article sur un produit sans l’avoir moi-même testé, j’ai donc décidé d’absorber pendant un mois des doses de Bulbine natalensis allant de 750mg à 2,250g par jour pour en vérifier les effets. Je précise que je n’ai pas fait tester mon taux de testostérone en laboratoire avant et après ce test, il ne s’agit donc que de mon ressenti.

Pour réaliser ce test j’ai opté par l’extrait de Bulbine natalensis proposé par BULKPOWDERS™, que j’ai choisi en raison de sa disponibilité et de son dosage avantageux (comprimés de 750mg). Il est à noter que l’extrait en question n’est pas l’extrait standardisé de marque déposée ProLensis.

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BULKPOWDERS™ recommande de prendre trois comprimés par jour, « idéalement avant les entraînements », et trois comprimés avant le coucher les jours de repos. Si l’on respecte le dosage préconisé cela fait donc 2,25g d’extrait de Bulbine à prendre quotidiennement. N’ayant auparavant jamais testé ce produit j’ai suivi le protocole suivant sur un mois : une semaine à 750mg par jour, deux semaines à 1,5g par jour, et la dernière semaine  à 2,25g par jour. La première semaine je n’ai ressenti aucun changement physique ou comportemental. En revanche dès la fin de la deuxième semaine j’ai pu remarquer une nette augmentation de ma libido, un sentiment de bien-être général accru, un regain d’énergie et une activité onirique nocturne plus intense, sans que mon alimentation ou ma supplémentation n’aient changé en quoi que ce soit mis à part l’augmentation de ma dose quotodienne de Bulbine. Ces premières manifestations se sont vues confirmées durant la deuxième semaine à  1,5g par jour. A la fin de cette deuxième semaine j’ai remarqué une légère évolution à la hausse du nombre de répétitions sur certains exercices, ce qui m’a permis de prendre un peu plus lourd et me permet logiquement de conclure à un gain de force dû à la prise de Bulbine. J’ai également noté une vascularisation plus prononcée, et si mon poids est resté constant mon taux de masse grasse à légèrement baissé (-0,3%).

J’ai attaqué la quatrième semaine avec trois comprimés de 750mg par jour soit une dose quotidienne totale de 2,25g  Les effets positifs que j’avais remarqué et mis sur le compte de la Bulbine ont eu tendance à se dissiper et au bout de trois jours à 2,25g j’ai même expérimenté une certaine fatigue inexplicable. Puisqu’à l’issue de ce mois de test il me restait 34 comprimés je suis reparti sur un peu plus de deux semaines à 1,5g par jour, mais durant cette période j’ai décidé de prendre un comprimé au moment du coucher et l’autre au réveil. Les effets ressentis lors de la première quinzaine du test m’ont parut en être optimisés, ce qui me laisse penser que d’une part je suis réactif aux principes actifs de la Bulbine natalensis, et que d’autre part le dosage optimal est pour moi de 1,5g par jour, à répartir en deux prises.

Si je m’efforce de n’avoir jamais aucun  a priori négatif à l’égard d’un composé que je m’apprête à tester, j’avoue que je ne plaçais pas de grandes espérances dans la Bulbine natalensis: les extraits végétaux censés stimuler la production de testostérone chez l’homme actuellement disponibles sont, il faut bien le reconnaître, souvent de qualité inégale, et leur origine comme leur variété exacte est souvent sujette à caution. C’est notamment le cas du Tribulus terrestris, dont des extraits médiocres et souvent douteux inondent le marché, ce qui a contribué à progressivement enterrer la réputation d’une plante qui n’en demeure pas moins intéressante à de nombreux égards.

Si l’état actuel des recherches sur la Bulbine natalensis reste pour l’instant insuffisant pour en recommander l’utilisation, je sais que pour ma part je retenterai l’expérience, et la prochaine fois je ferai procéder à une prise de sang avant et après pour en avoir le cœur net.

¹ Yakubu MT, Afolayan AJ “ Anabolic and androgenic activities of Bulbine natalensis stem in male Wistar rats “ . Pharm Biol. (2010)

² Ibid.

³ Yakubu MT, Afolayan AJ “ Effect of aqueous extract of Bulbine natalensis (Baker) stem on the sexual behaviour of male rats “ . Int J Androl. (2009)

Yakubu MT, Afolayan AJ “Reproductive toxicologic evaluations of Bulbine natalensis Baker stem extract in albino rats “ . Theriogenology. (2009)

akubu MT, Afolayan AJ “Anabolic and androgenic activities of Bulbine natalensis stem in male Wistar rats” . Pharm Biol. (2010).

Afolayan AJ, Yakubu MT “Effect of Bulbine natalensis Baker stem extract on the functional indices and histology of the liver and kidney of male Wistar rats” . J Med Food. (2009)

Jennifer E Hofheins, Scott M Habowski, Tim N Ziegenfuss, and Hector L Lopez “Short term safety of bulbine natalensis supplementation in healthy men”, J Int Soc Sports Nutr. 2012; 9(Suppl 1): P33.

 

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2 réflexions au sujet de « Bulbine Natalensis : le stimulateur de testostérone suprême ? »

  1. en test  » intelligent  » , je débute demain , reste objectif sur le produit ( je coach en séduction) , kraf – maga donc sport , je vous tiens au courant sur libido , tésto et organe ( foie)_

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    1. Bonjour, avec plaisir n’hésitez pas à me tenir au courant. Sur la libido les effets devraient se faire sentir après une semaine. Vous pouvez vous inspirer de mon protocole de dosage. N’oubliez pas de vous abonner au blog! Sportivement, A.

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